jeudi 24 février 2011

FAMILLE SALESIENNE


 Sr Yvonne  Reungoat, Supérieure  Générale FMA,
en viste au  Centre Théologique St Augustin de Nkol Afeme, à Yaoundé ( Cameroun)

Le 22 février 2011, Sr Yvonne  Reungoat, Supérieure  Générale FMA , a écrit sur le Livre d’Or du Centre Théologique St Augustin de Nkol Afeme, les lignes suivantes :
Chers confrères,
                Je vous remercie pour votre accueil chaleureux, typiquement caractérisé par l’esprit de famille. J'ai été émue par tous les détails de votre accueil !
                Je vous encourage à poursuivre avec une grande passion charismatique votre formation, et je vous assure de ma prière pour chacun de vous et pour la communauté.
                Ensemble, nous formons une grande et belle Famille salésienne qui a un grand avenir en Afrique et dans le monde.
                Don Bosco et Marie  Dominique Mazzarello nous aident à marcher ensemble sur le chemin de la sainteté salésienne pour la  joie et le salut des jeunes.
                Que Marie Auxiliatrice vous fasse sentir sa présence maternelle, à chaque instant ! Et que le Seigneur vous bénisse !
                Avec toute mon affection et l’assurance de ma prière quotidienne,
                                                                              Sr Yvonne Reungoat,
                                                                              Supérieure Générale FMA
                                                                              22.02.2011

Sr Yvonne Mot Livre Théologat

mercredi 23 février 2011

TUNISIE - Père RIBYNSKI

L’assassinat du prêtre polonais
Une lettre de l'Archevêque de Tunis
          Nous apprenons que le meurtrier du jeune prêtre salésien polonais Ribynski est un employé de l’école des salésiens.

Lettre de Mgr l’Archevêque de Tunis,
Transmise par les FMA de Menzell Bourguiba le 22 février 2011

Chers tous et toutes,

Nous ne finissons pas de vivre des événements (je laisse le mot sans adjectif). Maintenant c’est le P. Marek, salésien de 34 ans, en Tunisie depuis 2007 qui a été égorgé dans un dépôt de l’école des Salésiens de la Manouba.
Le Ministère de l’Intérieur vient de publier un communiqué comme quoi l’assassin était le menuisier de l’école. Les Pères salésiens affirment que l’assassin avait emprunté, lors du dernier Eid (il y a trois mois) 2.000 dinars tunisiens pour acheter du matériel pour son travail. Il semble qu’il a dépensé l’argent pour autre chose, le fournisseur refusait de lui donner un matériel non payé, et le P. Marek insistait pour avoir l’argent de l’école rendu. Pris de panique, et par peur d’être dévoilé, dit le communiqué du Ministère de l’intérieur, « l’assassin a surpris le prêtre en lui assénant des coups successifs très forts au moyen d’un outil contondant sur la nuque et le cou, ce qui a causé son décès. L’assassinat a été commis par crainte d’être découvert. ».

Dès qu’on aura terminé les formalités juridiques, on célèbrera une grande messe à la Cathédrale avant de le rapatrier en Pologne. Le jour et l’heure de la cérémonie seront publiés aussi.

Que dire ? Horreur, tristesse, indignation, révolte, préoccupation, peur, doute… tout est mélangé. Pourquoi a-t-on tué P. Marek ? Pour deux mille dinars ! On ose à peine le croire. Il y a certainement des détails que je ne sais pas. Par contre, il y a des choses que je sais :

- Je sais que P. Marek avait écrit, deux semaines avant son assassinat, à propos du peuple tunisien: « c’est une nation jeune, intelligente, incapable de violence (sic !), profondément bonne qui n’est pas capable de haïr ».

- Je sais qu’il venait d’écrire son premier livre sur la Tunisie où il dit entre autre : « pendant mon séjour en Tunisie, mon attitude envers mes frères musulmans a beaucoup évolué. Cette peur du terrorisme et de l’extrémisme a complètement disparu. Les Tunisiens sont tellement accueillants, amicaux et chaleureux. Ils m’apprennent cette attitude ».
- Je sais qu’il s’était proposé comme volontaire pour venir en Tunisie il y a quatre ans, alors qu’il était à peine ordonné prêtre.
- Je sais qu’il avait demandé de l’argent de partout pour aménager de nouveaux locaux pour l’école qu’il aimait tant et dont il était l’économe.

Je m’imagine en face de son assassin pour lui poser quelques questions : Pourquoi as-tu vraiment tué P. Marek ? Et pourquoi de cette manière barbare ? Son jeune âge et son innocence ne t’ont inspiré aucun sentiment de pitié ? Ni son physique frêle ? Tu l’as assommé avec coups de marteau, cela ne suffisait-il pas ? Fallait-il vraiment l’égorger et le laisser baigner dans son sang ? Comment as-tu pu dormir après ? De quelle pâte es-tu fait ? Quelle religion professes-tu ? Es-tu de ceux qui croient en Dieu le Compatissant, le Miséricordieux, (Al Rahman Al Rahim ?) Comment conjugues-tu ton crime avec ta foi ?

Réponds à ces questions, tranquillise-nous, tranquillise notre cœur de père et de frères… Après, je te promets la pardon. Tu auras d’abord à le demander de Dieu, ensuite, tu auras celui de l’Église catholique de Tunisie.

« Si le grain tombé en terre ne meurt…. » Il est tombé, il est mort, et à l’exemple du Christ auquel P. Marek s’était consacré, il a porté des fruits. Tous les messages de solidarité, toutes les scènes de sympathie, les fleurs déposées à la porte de la Cathédrale, les tunisiens et tunisiennes qui ont manifesté devant la Cathédrale avec des slogans « Marek, pardon ! »,  les jeunes tunisiens venus à la cathédrale dimanche 20, avec des fleurs, les larmes aux yeux… « Nous ne l’avons pas tué, disaient-ils, ce n’est pas la Tunisie… Pardonnez-nous ! » ; et ils sont partis en embrassant les sœurs.

Les réactions officielles sont du même ordre, le Premier Ministre, le Ministère de l’Intérieur, des Affaires Étrangères, du Travail, de l’Éducation, des Affaires religieuses, du Tourisme ; les Ambassadeurs arabes et étrangers, même le parti islamiste Al Nahda…. Fallait-il le meurtre d’un prêtre pour nous rendre compte de toute cette sympathie et de cette affection ? Le prix est très élevé. Nous apprécions énormément tous ces gestes d’amitiés, mais elles ne valent pas une goutte du sang de notre Marek.

Et maintenant ? Eh bien, nous allons de l’avant. L’heure n’est pas à la panique, elle est à la foi, à la patience, à la précaution. Partir ? Pas question, les temps de difficulté ne sont pas des temps de fuite. Je le dis en mon nom personnel d’abord, et je pense pouvoir le dire au nom du tout le personnel religieux de l’Église de Tunisie et au nom des chrétiens présents dans le pays. Je le dis aussi pour nos frères musulmans et juifs. Nous restons dans ce pays qui nous accueille, qui nous aime et que nous aimons. Nous restons aussi pour vous, car nous voulons nous enrichir de votre présence et de votre différence, et nous vous proposons aussi les valeurs auxquelles nous croyons et que nous essayons de vivre malgré nos faiblesses, des valeurs qui peuvent vous apporter un supplément de foi et d’espérance et de confiance.

La vie est plus forte que la mort, l’AMOUR aussi.

                                                                                                            + Maroun Lahham
Archevêque





FAMILLE SALESIENNE- Les Filles de Marie Auxiliatrice

Sr YVONNE REUNGOAT, Supérieure Générale des salésiennes, a passé trois jours au Cameroun.
           Le mardi 22 février 2011, elle a visité le Centre Théologique des salésiens à Yaoundé, dans la banlieue de Nkol Afeme. Le Père JB Beraud, chargé du mot d'accueil officiel, s'est exprimé comme suit:
"Chère Sœur Yvonne, 
En octobre 1963, pour la première fois de son histoire, le diocèse de Lyon, en France,  offre aux salésiens une de ses paroisses en plein cœur de sa grande métropole. Le Provincial m’y envoie comme curé et directeur de la communauté. Ce même Provincial, le Père Emile Phalippou me dit dès les premiers jours : « Les salésiennes seraient heureuses de vous aider pour l’organisation des catéchismes. Appelle-les !» Dans les jours suivants, les premières Filles de Marie auxiliatrice arrivent chez nous. Elles viendront chaque jeudi assurer le caté des enfants. Parmi elles, une jeune Yvonne, pleine d’entrain pour découvrir ce qui se passe dans ces communautés chrétiennes de milieux sociaux très variés, mais où s’ébauche déjà ce qui se discute dans ces réunions de Rome où se déroulent  les premiers balbutiements du  Concile Vatican II.
C’est le premier souvenir qui me vient en vous accueillant, chère sœur Yvonne, dans cette Communauté St Augustin. Vous vous en seriez doutée facilement.
Ma deuxième évocation me vient de plus loin. J’aime relire les Actes des Apôtres, lorsque Paul, prudent et même un peu méfiant, est heureux d’avoir vu les chrétiens de Philippes. Il songe déjà à repartir, mais  une femme insiste pour qu’il reste. Lydie trouve les mots pour le convaincre : « Si vous me tenez pour une fidèle du Seigneur, venez demeurer dans ma maison. » Et elle nous y contraignit. » ( Ac 16, 15).
Et Paul qui avait juré de ne pas être à charge de ceux qui le recevaient, accepta.
L’Histoire des liens entre salésiennes et salésiens est aussi une belle Histoire sacrée depuis les débuts. Vous nous l’avez rappelée récemment par votre belle lettre aux prêtres salésiens .  Et nous avons eu l’occasion de revisiter de larges passages de cette Histoire en évoquant récemment ici même, les échanges si fraternels de don Rua avec une de ces femmes exceptionnelles qui vous ont précédée dans vos responsabilités . Le témoignage de Sr Caterina Daghero nous a littéralement impressionnés.
Dans nos temps mouvementés, les Filles de Marie auxiliatrice ont su trouver combien de fois des routes nouvelles pour affirmer leur foi au Christ, dans un souci de sociétés à renouveler. Votre Institut n’avait pas hésité à être présent à cette fameuse rencontre mondiale sur la femme qui avait lieu,  il y a quelques années,  à Pékin. Jean Paul II vous y avait encouragées.
Et dès les premières propositions,  les Filles de Marie auxiliatrice ont siégé à l’Organisation des Nations Unies pour tout ce qui touche à la valorisation et à la dignité de la femme.  Aux côtés d’autres associations, les Filles de Marie Dominique continuent de lutter, au sein de cette plate- forme mondiale, pour le respect de la femme. Une façon de vivre leur foi, tout comme la jeune paysanne de Mornèse qui savait déjà qu’à côté de sa présence à l’église chaque jour, elle rencontrait aussi son Christ dans son combat pour que ses très jeunes compagnes aient un métier dans leur vie.  
Sr Yvonne, nous sommes heureux de vous recevoir chez nous. Mais nous ne sommes pas les seuls. Dieu est heureux que vous soyez Yvonne, et que vous vous trouviez cet après-midi avec nous. Soyez la Bienvenue

                                                               JB Beraud, 22 02 2011, Yaoundé

REVUE DE PRESSE

REVUE DE PRESSE CAMEROUNAISE
Conférence de Presse du Ministre de la Communication
« Le ministre camerounais Issa Tchiroma Bakary de la communication, a fait savoir mardi que les populations ne se devaient pas suivre les mots d’ordre à manifester lancés par certains politiciens pour ce mercredi 23 fevrier2011. Le ministre Issa Tchiroma a fait savoir que ce qui arrivait dans certains pays du monde ne devait pas être pris comme prétexte pour faire des soulèvements au Cameroun. « C’est maintenant que le Cameroun commence à récolter les fruits de son long sacrifice, et c’est au même moment que certains choisissent de vouloir priver les camerounais de jouir de ces fruits. Leur but est de mettre le chaos et…de  prendre le pouvoir, un pouvoir qu’ils veulent prendre par effraction parce qu’ils ne réussissent pas à le prendre par des voies légales et cela en vous sacrifiant et en sacrifiant vos enfants, alors que eux sont protégés ainsi que leur enfants. »
                                              (Journal du Cameroun. Com du mercredi 23 février 2011 )
Cependant la Conférence de Presse continue… On se demande quel en est le sérieux…Des opposants viennent d’être arrêtés.
M. le Ministre déclare :« Le Code veut envoyer vos enfants se faire massacrer alors que les leurs sont tenus au chaud à Bruxelles, Paris ou Londres. Ne cédez pas à la manipulation. » Un journaliste pose une question : « Voulez-vous dire que si les gens descendent dans la rue, ils seront massacrés ? » Réponse : « Ils ne descendront pas. Ils le feraient pourquoi ? Le gouvernement y veille en s’assurant que les jeunes puissent trouver du travail par exemple. » Mais pourquoi donc des leaders politiques comme Abba Aboubakar sont enlevés et gardés à la direction de la surveillance du territoire, renchérissent les journalistes ; Réponse de M ; le Ministre : « Je ne sais pas pourquoi ils ont été interpellés par la police. C’est aux journalistes d’enquêter afin de nous dire pourquoi ils sont gardés par la police. » (ndlr – Le théâtre de Labiche est largement dépassé)
                                   ( Le Messager du mercredi 23 février 2011)                                       

mardi 22 février 2011

TUNISIE - Le message du Père Ribynski

TUNISIE - Le retour de la « croix gammée »
         Cela se passe en Tunisie à La Manouba. Le meurtre du Père salésien Marek Ribinsky continue d’attirer l’attention des « hommes de bonne volonté ». « Samedi et dimanche matin, 19 et 20 février, précise l’Agence salésienne ANS, des centaines de personnes ont participé à des manifestations de solidarité… Sont venues des centaines de personnes parmi lesquelles les élèves (ndlr. en majorité musulmans) de l’école avec leurs parents,  et de nombreux anciens élèves qui ont témoigné leur affection pour le Père Rybinski.
Les ambassadeurs de plusieurs nations sont présents ainsi qu’un représentant du Ministère des affaires étrangères, le Ministre pour les affaires religieuses de la Tunisie, et Mgr l’Archevêque.
Mgr Lahamm Marun Elias a déclaré sur Radio Vatican : « Il semble qu’en Tunisie soit né un mouvement islamiste qui se dresse contre tous les non-musulmans…Les salésiens avaient reçu une lettre de menace…s’adressant aux juifs, qui leur intimait de donner leur argent…En cas de refus, ils viendraient les tuer… Pour les gens simples, si tu n’es pas musulman, tu es juif…Le lettre était signée par une croix nazie… »

La « révolution de la dignité »
Nous apprenons aussi ce matin la magnifique analyse que fait sur les derniers événements de Tunisie, Egypte, Lybie et suite, le P. Faysal Hijazen, curé de Ramallah, en Palestine. Docteur en théologie morale et professeur à l'université de Bethléem, il évoque la « révolution de la dignité » qui a libéré les peuples tunisiens et égyptiens de la « peur provoquée par des régimes habitués à l'intimidation ».
Le réveil de la dignité des peuples, annoncé il y a plus de 40 ans, par le Concile Vatican II, a lieu sous nos yeux. Tel chef d’Etat n’hésite pas à faire bombarder les manifestants, dans les rues de Benghazi ou de Tripoli. D’autres, avec bien  plus de sens de leur responsabilité,  comprennent  qu’ils sont appelés à des  changements.  En mai 68, le Cardinal Marty, archevêque de Paris, déclarait dès les premiers jours : « L’Eglise n’a pas peur des changements »… Au moment où peuvent se réaliser des marches annoncées au Cameroun, dans les rues de Yaoundé ou de Douala, il faut souhaiter aux hommes du pouvoir, qui, pour la plupart, sont sortis des séminaires catholiques, qu’ils aient le courage de se rappeler la grandeur de leur vocation au « métier politique » : « Tu es là pour le bien de ton peuple ! Respecte-le ! »             

lundi 21 février 2011

Cameroun Revue de Presse

Cameroun: Nouvelle arrestation de journaliste
Par Idriss Linge - 21/02/2011

Selon des sources bien introduites, Raphael Kamtchuen, le directeur de publication du journal camerounais La Boussole, séjournerait depuis jeudi 17 fevrier dernier à la brigade de gendarmerie de Kondengui, dans la capitale camerounaise. Il aurait été interpellé alors qu’il venait de rendre visite à la prison centrale de la ville à l’ancien ministre de l’Economie et des Finances, Polycarpe Abah Abah, poursuivi et détenu pour détournement de deniers publics. Il aurait été arrêté sur ordre du régisseur de la prison…Il serait reproché à Raphaël, d’être entré « par effraction » au sein du pénitencier mais aussi de détenir des documents classés « secret d’Etat»… Après son arrestation, il a d’abord été conduit au secrétariat d’Etat à la Défense en charge de la gendarmerie (SED) avant d’être ramené à la brigade de Kondengui.
Quelle liberté de presse ?
La réaction du gouvernement face à cette… nouvelle affaire impliquant un journaliste est très attendue. 2011 étant une année électorale, le gouvernement se refuse à laisser enfler toute situation qui pourrait être un facteur de crise sociale. L’année dernière, trois journalistes avaient été écroués toujours pour des affaires concernant des secrets impliquant des hauts dirigeants du régime. L’un d’eux, Germain Biby Ngota y avait trouvé la mort. Au Cameroun comme d’ailleurs dans beaucoup de pays même occidentaux, la liberté de presse est fortement encadrée par la question d’ordre public ou de secret d’Etat. Une loi libérale sur la liberté de la communication sociale a été promulguée le 19 décembre 1990, la censure administrative préalable a été supprimée par la loi du 4 janvier 1996, le monopole de l’Etat sur les ondes a été abrogé, le métier de journaliste a été défini et organisé conformément aux principes universellement reconnus. Une direction de la communication privée a été créée au sein du ministère de la communication en vue d’une meilleure prise en compte des problèmes liés aux médias du secteur non étatique. Mais la presse (surtout privée) souffre encore de plusieurs maux, dont la précarité et la répression silencieuse. Une situation qui favorise l’entrée dans la profession de personnes qui en réalité jouent des cartes autres que celle du journalisme.
                                                                                  ( Journal du Cameroun COM du lundi 21 février 2011)

vendredi 18 février 2011

LA VOIX DU PAPE

Benoit  XVI et Peter Seewald
Le mardi 23 novembre 2010, dans la salle de presse du Vatican, le journaliste allemand Peter Seewald  présente son dernier livre, ses  «entretiens avec Benoît XVI ». Le volume est  intitulé « Lumière du monde », et deux lignes précisent sur la couverture « Le pape, l’Eglise et les signes des temps ».
Seewald est né en 1954 dans une famille catholique de Passau, aux confins de la Bavière et de l’Autriche, région chère au cœur du pape bavarois. On comprend qu’ils aiment se retrouver, et  ils ont déjà travaillé ensemble pour deux autres livres : Le Sel de la terre en 1997 (Flammarion-Cerf), et Voici quel est notre Dieu en 2001 (Plon-Mame). Le Pape et le journaliste s’estiment beaucoup : « Entre nous, nous parlions en dialecte », confie Seewald. Ce soir, Peter est fatigué. La journée a été épuisante.  La conférence de presse, l’audience avec le pape, les interviews des radios, télévisions, journaux. Mai surtout, l’ancien correspondant du Spiegel, du Bild, du Süddeutschen Zeitung, a du mal à supporter tant de confrères journalistes qui  ont réduit son livre à « la question du préservatif » : « Lorsqu’on « étroitise » tellement une question, cela montre une crise du journalisme devenu incapable de discerner l’essentiel  et de le faire partager à ses lecteurs. »
Ces cinq dernières années, malgré leur amitié, Peter a dû s’y prendre à trois reprises pour arracher l’accord de Joseph Ratzinger en faveur de ce troisième ouvrage.  « A une deuxième demande, on m’avait proposé 2 ou 3 heures d’entretien, mais j’ai refusé : c’était insuffisant pour un livre. » Finalement, il a obtenu l’accord du pape qu’il a rencontré durant l’été 2010 à Castelgandolfo, une heure par jour pendant six  jours.
Qui est Seewald ?
Dans les années 1968, le jeune Seewald est séduit par le gauchisme révolutionnaire. Il signe sa « sortie d’Église » en 1973. Puis, peu à peu, il s’interroge : « J’entrais parfois dans une église. Bien que doutant et méfiant envers la Révélation, il me paraissait indéniable que le monde n’était pas dû au hasard, comme Marx et d’autres l’affirmaient…» Et puis… « un jour, j’ai compris que les idéaux de ma jeunesse, je les retrouvais tous dans le message du Christ. Il suffit de lire l’Évangile. Les réponses y sont beaucoup plus radicales que celles du Manifeste de Marx. » Voyant grandir ses deux garçons, aujourd’hui âgés de 22 et 27 ans, en dehors de l’Église, il s’inquiète : « J’ai trouvé terrible qu’ils n’aient pas eu accès à cette culture séculaire. Paradoxalement, un jour, ils ne pourraient même pas faire le choix que j’avais pu faire : sortir de l’Église. »
« Lumière du monde » déjà vendu à près d’un million d’exemplaires. 
Cependant le nouveau livre est là. Aussi bien y sont évoqués sans hésitation, les problèmes de l’économie mondiale, de l’endettement colossal des pays qui ferment l’avenir aux générations de demain, que ceux de l’écologie, de l’homosexualité ou de l’ordination des femmes. Aucun problème n’est éludé, ni la situation du « prêtre qui vit avec une femme », ni celui du crucifix dans les écoles d’Italie. Les dégâts du commerce de la drogue sont traités aussi bien que « les ravages inimaginables causés par le tourisme sexuel ».
Sorti le 24 novembre 2010, « Lumière du monde »… est déjà un « succès de librairie », affirme mercredi 19 janvier 2011, l’Osservatore Romano, le quotidien du Vatican…. Le total des ventes en diverses langues « frôle le million de copies ». Le directeur de la maison d’édition du Vatican, le  prêtre salésien Giuseppe Costa, explique ce succès : « Le livre permet de voir le visage humain d’un pape dont on souligne souvent le côté réservé. » (En France, le livre est publié par Bayard)