dimanche 14 juillet 2013

POLITIQUE

TCHAD

L’armée tchadienne au Mali


Dès janvier 2013, le président Déby envoie au Mali, à la demande de la France, 2 000 soldats pour participer à la campagne militaire. Le contingent tchadien est engagé dans la région de Kidal, où le 22 février, pris sous le feu djihadiste dans la vallée de l’Ametettai, il perd 26 soldats, et 70 sont blessés. 

Au total, 36 soldats tchadiens ont été tués et 80 blessés au Mali. La France a plaidé pour que le Tchad obtienne le commandement de la force onusienne entrée en action au Mali le 1er  juillet. Mais l’ONU lui a préféré un général rwandais. L’armée tchadienne est accusée de ne pas respecter les lois de la guerre et d’enrôler des enfants-soldats.

LAURENT LARCHER, dans la Croix

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samedi 13 juillet 2013

POLITIQUE


CENTRAFRIQUE
 
LES EVEQUES PARLENT
 
La Croix a rencontré Mgr Aguirre
 
Quand il pense à ses trente-quatre ans d’expérience en Centrafrique, Mgr Aguirre courbe la tête sous le poids des souvenirs. « Ma mémoire est un livre plein de larmes, les larmes de mon peuple », commence le missionnaire combonien. Sous les yeux de cet Espagnol de 59 ans, la Centrafrique enchaîne les rébellions, les coups d’États, les dictatures, dans un lent processus alternant destructions et rebonds. « J’ai connu des moments de joie intense, de joie ecclésiale, précise-t-il. Et j’ai été témoin d’un volume de souffrance qu’on ne peut expliquer par des mots. » 

 « C’est la loi des armes » 


En cet été 2013, Mgr Aguirre n’a pas terminé de « compter les larmes » de son peuple. Isolé à l’est de Bangui, l’évêché de Bangassou dont il a la charge est sous la coupe des ex-rebelles de la Séléka, désormais au pouvoir. « C’est la loi des armes », résume-t-il. Durant leur marche vers la capitale, les rebelles se sont emparés de la région le 11 mars, réquisitionnant aussitôt 30 véhicules appartenant à l’Église. Les pillages systématiques ont commencé les jours suivant. « Ils ont cassé tous les bureaux, la mairie, le cadastre, le tribunal, comme s’ils avaient voulu anéantir la mémoire historique », observe l’évêque.

Les hommes en treillis n’ont rien respecté, ni l’administration, ni les bâtiments essentiels. Bâtisseur dans l’âme, Mgr Aguirre avait développé une maternité, un service pédiatrique, une pharmacie, un centre Internet, un collège, un garage : tout a été dévalisé minutieusement au fil des semaines par des soldats livrés à eux-mêmes. La paroisse a perdu ses batteries, son frigo, les panneaux solaires si utiles en brousse. L’insécurité perdurant, le commerce s’est effondré. Le gazole se monnaie au prix fort. Les patients atteints du sida n’ont plus de médicaments pour suivre leur traitement.

 « Reste la foi et l’espérance » ,


résume l’évêque qui n’en a jamais manqué. Il avait 27 ans lorsque son ordre l’a envoyé à Obo, la ville la plus à l’est de la Centrafrique, aux frontières du Soudan du Sud. Une mission sans radio, sans électricité. La capitale était à une semaine de voiture. Mais ses supérieurs l’avaient bien préparé, en le dotant d’une solide formation en langue, philosophie et anthropologie, de Madrid à Paris en passant par Rome. « Je suis arrivé avec ma sacoche de théologie, se rappelle-t-il. Les habitants d’Obo l’ont rempli de philosophie de vie. Ils m’ont appris à être missionnaire. » 

vendredi 12 juillet 2013

DANS l'ESPRIT

VATICAN


LE PAPE PARLE A DE JEUNES  SEMINARISTES


Le samedi 6 juillet 2013, le Pape François a parlé à de nombreuses délégations de séminaristes et de novices
 
 
 
"Je voudrais une Église plus missionnaire, moins tranquille. Cette belle Église qui va de l’avant. Ces jours-ci, de nombreux missionnaires sont venus à la messe du matin, ici à Sainte-Marthe, et quand ils me saluaient, ils me disaient : « Je suis une sœur âgée, il y a quarante ans que je suis au Tchad, que je suis ici, que je suis là… ». Comme c’est beau ! Mais tu comprenais que cette sœur a passé ces années de cette façon parce qu’elle n’a jamais cessé de rencontrer Jésus dans la prière. Sortir de soi, aller à Jésus vers la transcendance, dans la prière, aller aux autres vers la transcendance, dans l’apostolat, dans le travail. Apporter votre contribution à une telle Église : fidèles à la route que veut Jésus.
N’apprenez pas de nous, de nous qui ne sommes plus très jeunes, n’apprenez pas de nous ce sport que nous, les vieux, nous avons souvent pratiqué : le sport des lamentations ! N’apprenez pas de nous le culte de la « déesse La plainte ». C’est une déesse, celle-là, toujours en train de se plaindre… Mais soyez positifs, cultivez la vie spirituelle et, en même temps, allez, soyez capables de rencontrer les personnes, surtout celles qui sont le plus méprisées et désavantagées. N’ayez pas peur de sortir et d’aller à contre-courant. Soyez des contemplatifs et des missionnaires.
Gardez toujours la Vierge Marie avec vous, priez le chapelet, s’il vous plait… ne l’abandonnez pas ! Gardez toujours la Vierge avec vous, chez vous, comme le faisait l’apôtre Jean. Qu’elle vous accompagne et vous protège toujours. Et priez aussi pour moi, parce que moi aussi j’ai besoin de prières, parce que je suis un pauvre pécheur, mais avançons !"

mercredi 10 juillet 2013

POLITIQUE


CENTRAFRIQUE


DANS BANGUI  RAVAGEE PAR LE PILLAGE

UNE FEMME RESSUSCITE LA MAIRIE



 "Il me reste les dettes et les employés » 

Le verbe précis, la pensée claire, le regard droit, la maire, Catherine Samba-Panza, détaille l’étendue du désastre. Les registres informatisés de la population de Bangui ? Détruits. Les mairies annexes ? Dévastées. L’argent de la ville ? Envolé avec les coffres-forts. « Il me reste les dettes et les employés », résume-t-elle. Par chance, ses services ont pu récupérer une voiture de fonction qui avait été volée la semaine précédente par des hommes en treillis. « Nous avons dû verser un dédommagement aux voleurs », explique-t-elle.
                          (Lu dans La Croix du 10 juillet 2013)


LE REGARD DE "MONDEACONSTRUIRE"


Dans un pays où la colonisation avait déjà entrepris le pillage et le vol, des hordes ont tristement imité l'exemple. Trouver très vite des volontaires désireux de reconstruire la vie des populations, affirme la grandeur de chaque femme et de chaque homme. Les gens de la République Centrafricaine, ont, eux aussi, soif de vivre.

                                                            Pierre Jarret

lundi 8 juillet 2013

DANS L'ESPRIT

VATICAN

Le Pape  François

"Le risque de l’activisme, d’une trop grande confiance dans les structures, est toujours en embuscade. Si nous regardons Jésus, nous voyons qu’à la veille de chaque décision ou évènement important, il se recueillait dans une prière intense et prolongée."

vendredi 5 juillet 2013

POLITIQUE

CENTRAFRIQUE

LES EVEQUES DENONCENT

 La Conférence épiscopale Centrafricaine
lance une Lettre ouverte
aux nouveaux Dirigeants du pays (Extrait)

" Excellence, Monsieur le  Président de la transition, chef de l'Etat

"...Les populations sont à la merci des hommes de la Séléka, pourtant supposés assurer leur sécurité. La vie des Centrafricains n'a plus aucun prix. Les combattants armés sont pour la plupart des étrangers; ils peuvent impunément tuer, violer, piller, saccager, incendier des maisons, des greniers, des villages..."

(Une très grande partie de cette Lettre est publiée par "Jeune Afrique"
dans son N° 2738, du 30 juin au 6 juillet 2013)

LE REGARD DE "MONDEACONSTRUIRE"

           Ces faits mentionnés par les Evêques centrafricains ne laissent rien présager de bon. On ne peut pas construire une nation avec des coups d'Etat. L'histoire de la RCA est trop chargée de la présence durant des années de gens qui ont abusé de ce pays et de ce peuple. Bien des pays peuvent s'interroger: "Qui a enseigné à des groupes de gens sans foi ni loi à ne savoir vivre qu'avec des armes ?"
          Une seule citation de François Xavier Verschave dans "La Françafrique, le plus long scandale de la République" P. 246 (Stock, 1999): "Selon des témoignages recueillis par HRW, Human Rights Watch, des militaires et des miliciens hutus ont continué de recevoir un entraînement militaire français en Centrafrique après la défaite des FAR. HRW a appris de leaders hutus qu'au moins en une occasion, entre le 16 et le 18 octobre 1994, des membres des milices rwandaises et burundaises ont voyagé sur un vol d'Air-Cameroun de Nairobi à Bangui, capitale de la Centrafrique (via Douala au Cameroun) pour y être entraînés par des militaires français(...)
                  Paris a de quoi s'interroger. Le Cameroun aussi...

                                            De Yaoundé, Pierre Jarret
 

 
 


jeudi 4 juillet 2013

POLITIQUE


FRANCE: "On ne peut pas enchaîner la Vérité"

Réaction de l'évêque de Bayonne
après l'incarcération de Nicolas B.

Déclaration de Mgr Aillet :

Dans un communiqué récent, le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France a salué l’engagement de tous ceux (dont de nombreux jeunes) qui durant des mois, ont fait entendre leur voix de manière pacifique pour s’opposer à la loi Taubira, en précisant qu’elle a modifié « radicalement l’un des fondements de la vie en société », engendré, comme il était prévisible, des clivages profonds, et provoqué des blessures et des craintes durables.

Devant le mépris politico-médiatique que ce mouvement social, d’une ampleur inégalée depuis des décennies, a rencontré, beaucoup sont déterminés à poursuivre leur action pour alerter l’opinion, éclairer, voire réveiller les consciences de nos concitoyens.
Parce que la conscience est profondément blessée par la loi Taubira, il est parfaitement légitime d’en réclamer l’abrogation. Le Pape François, devant une délégation officielle de parlementaires français, ne déclarait-il pas : « Votre tâche, technique et juridique, consiste à proposer des lois, à les amender ou même à les abroger » ? 


L’association « la manif pour tous » demeure une force de proposition destinée à pérenniser ce mouvement. D’autres initiatives sont nées pour capitaliser l’engagement de nombreux citoyens : les veilleurs, les mères veilleuses, des rassemblements sporadiques pour interpeller l’opinion et les pouvoirs publics…

Pourvu qu’elle se déroule sans violence et dans le respect de l’intégrité physique des personnes et des biens, cette opposition de fond, que l’on a pu appeler à juste titre « résistance », est pleinement légitime dans une société démocratique où la liberté d’expression, de réunion et de manifestation est garantie par la Constitution.

Le Jeune Nicolas B., sympathisant de la manif pour tous, a été condamné le 19 juin par le tribunal correctionnel à deux mois de prison ferme, avec mandat de dépôt, pour avoir participé à une manifestation pacifique le 16 juin dernier contre la loi Taubira. Les chefs d’accusation semblent surréalistes et la lourdeur de la peine disproportionnée par rapport aux faits avérés. Il s’agit manifestement d’une forme politique de répression policière et judiciaire qui marque un tournant dans le traitement arbitraire des opposants au mariage et à l’adoption par des couples de même sexe.

Je salue l’engagement de ce jeune Nicolas et de tous ceux qui, comme lui, travaillent à défendre avec détermination et sans violence, le droit des enfants à être élevé par un père et une mère, engagement qui « aura encore à se déployer dans d’autres domaines où la vigilance est requise pour le respect de la personne humaine » (Conseil permanent). Ils sont la fierté et l’espérance de notre société. Leur courage, jusqu’à la prison s’il le faut, est déjà une victoire : car on ne peut pas enchaîner la Vérité !

+ Mgr Marc Aillet
Evêque de Bayonne, Lescar et Oloron

LE REGARD DE "MONDEACONTRUIRE"

Ce titre "On ne peut pas enchaîner la vérité" rappelle étrangement à ceux de ma génération ("La classe 42 partira toute entière en Allemagne") cette autre affirmation qui a pesé sur l'orientation de nos vies "France, prends garde de perdre ton âme !"
Nos consciences nous disaient clairement de dire "Non"! Nous avons été nombreux à refuser le départ. La résistance a été multiple. La petite cité de Villemur sur Tarn, près de Toulouse, se souvient bien qu'un soir, à l'école St Pierre, nous avons reçu trois jeunes juifs qu' il fallait protéger. Quand je  demandais au Directeur de l'Ecole, le Père Arribat: "Qui nous les envoie ? " Il me répondit : "Pie XII". Oui, Pie XII venait de demander par son nonce à tous les  évêques de France d'accueillir et de cacher tous les juifs qui se présenteraient. On sait aujourd'hui qu'il y a eu des personnes pour les sauver jusque dans les rangs de la police du gouvernement de Vichy. Lorsqu'une loi atteint la profondeur de la conscience et fait naître de telles "résistances", il y a pour les dirigeants d'un pays des questions à se poser. L'évêque de Bayonne dit ce qu'il ressent. A Villemur aussi, nous avions écouté une parole d'évêque. J'entends encore à la messe du dimanche le Père Curé lire la lettre de notre Archevêque. Notre Archevêque  s'appelait "le Cardinal Saliège". Il disait des mots tout simples qui mettaient debout des croyants et des non croyants. Il disait : "Les juifs sont des hommes, les juives sont des femmes!" Le respect de la femme et de l'homme, reste inscrit au fond des consciences. 
                                                       Pierre Jarret