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vendredi 4 septembre 2015

CAMEROUN

Au moins 30 personnes tuées

au nord par Boko Haram



Yaoundé (Agence Fides) – Au moins 30
personnes ont trouvé la mort dans le cadre d’un
double attentat perpétré hier, 3 septembre, à
Kerawa, petite ville de l’extrême nord du
Cameroun, à la frontière avec le Nigeria.
Selon les témoignages recueillis par la presse

locale, une première explosion, attribuée à un
kamikaze, a eu lieu à 09.30 locales sur le marché
local en pleine activité, provoquant une dizaine
de morts.
Quelques minutes plus tard, une femme

kamikaze se faisant passer pour une personne
blessée dans le cadre du premier attentat,
s’est faite exploser à l’infirmerie du Bataillon
d’intervention rapide, unité d’élite de l’armée
camerounaise déployée sur zone pour combattre
les extrémistes nigérians de Boko Haram.
L’infirmerie militaire est la seule structure
sanitaire existant dans la zone en question.
Le bilan global de ce double attentat est d’une

trentaine de morts et de plus d’une centaine de
blessés. Kerawa se trouve à côté de la frontière
avec le Nigeria et est exposée aux attaques de
Boko Haram, qui a désormais pris le nom de
Groupe de l’Etat islamique en Afrique
occidentale. La colline qui domine la ville est
située en territoire nigérian et, derrière elle, se
trouvent différentes bases de djihadistes.
Les militaires du Nigeria, du Cameroun et du

Tchad ont envoyé des troupes sur zone dans le
cadre de la Force mixte multinationale chargée
de combattre Boko Haram.
Au cours des heures qui ont suivi l’attentat, des

dizaines de militants djihadistes présumés ont
été arrêtés dans le cadre d’une opération
conjointe des militaires camerounais et nigérians
à Fotokol, toujours dans le nord-est du
Cameroun.

(L.M.) (Agence Fides 04/09/2015)

lundi 23 février 2015

POLITIQUE


CAMEROUN
 
Mise en doute de la politique de la France
 
à l’encontre de Boko Haram
 
de la part de la presse camerounaise

Yaoundé (Agence Fides)

Le Ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, a réaffirmé la disponibilité de la France à appuyer les pays africains menacés par la secte islamiste Boko Haram, au cours de la visite qu’il a effectué les 21 et 22 février au Tchad, au Cameroun et au Niger.
Sur certains organes de presse camerounais, s’insinue cependant le doute que Paris ait pour le moins une politique ambiguë vis-à-vis de Boko Haram. En particulier, il est indiqué que la France entendrait profiter de l’urgence provoquée par Boko Haram pour renforcer ses liens avec les anciennes colonies de la zone et en particulier avec le Cameroun, où auraient récemment été découvertes d’importantes ressources en uranium et en pétrole.
Selon des informations non confirmées, en janvier, l’armée camerounaise aurait capturé, dans les rangs de Boko Haram, 8 ressortissants français, peut-être mercenaires. Paris exercerait actuellement des pressions sur les autorités camerounaises pour en obtenir l’extradition.
La secte islamiste s’est entre temps rendue responsable d’un nouvel attentat atroce sur le marché de la ville nigériane de Potiskum, dans le nord-est du pays, attentat dans le cadre duquel une fillette d’à peine sept ans a déclenché la bombe qu’elle portait avec elle, tuant cinq personnes et en blessant 19 autres. (L.M.) (Agence Fides 23/02/2015)


 

mardi 2 septembre 2014

POLITIQUE

CAMEROUN 

Une guérilla locale

derrière les actions de Boko Haram ? 
  
Yaoundé (Agence Fides) – L’armée camerounaise a affirmé avoir repoussé une attaque de la secte islamiste Boko Haram le long de la frontière avec le Nigeria, dans la région de Fotokol (voir Fides 27/08/2014). Au cours des combats, au moins 27 membres de Boko Haram ont trouvé la mort.
Les autorités de Yaoundé ont en outre déclaré avoir prêté assistance à un millier de militaires nigérians, ayant dû se retirer en territoire camerounais face à l’offensive de Boko Haram du côté nigérian de la frontière.
Entre temps, la presse camerounaise consultée par l’Agence Fides, prend en considération l’hypothèse selon laquelle une guérilla locale se serait créée dans l’extrême nord du Cameroun, à la frontière avec le Nigeria, laquelle utiliserait le groupe nigérian comme écran pour cacher ses propres actions. Parmi celles-ci se trouveraient les enlèvements de différents ressortissants étrangers intervenus au cours de ces 18 derniers mois, y compris ceux du Père Georges Vandenbeusch, prêtre Fidei Donum français enlevé en octobre 2013 et relâché le 31 décembre de la même année, et ceux des deux prêtres Fidei Donum italiens et d’une religieuse canadienne, relâchés le 31 mai dernier. Les enlèvements et les attaques attribués à Boko Haram au Cameroun n’ont cependant pas été revendiqués par la secte islamiste.
La découverte, sur le lieu de l’enlèvement du Père Vandenbeusch, de munitions de fabrication israélienne – en dotation seulement dans certaines unités d’élite des forces armées camerounaises – semble représenter un indice d’une possible complicité avec les ravisseurs à l’intérieur des forces régulières. Selon cette hypothèse, des hommes politiques hostiles à l’actuel gouvernement camerounais auraient recrutés des jeunes de la zone – la plus pauvre du pays – en vue de créer un groupe de guérilla, en partie financé grâce à l’enlèvement de ressortissants étrangers. Boko Haram se serait donc chargé seulement de garder les otages en territoire nigérian pour le compte de ses complices camerounais.

(L.M.) (Agence Fides 28/08/2014)

mardi 8 juillet 2014

POLITIQUE


 
CAMEROUN
Professeur Eboussi BOULAGA,
dans
le Messager du jeudi 3 juillet 2014   
 
 
« En réalité, le peuple camerounais n’existe guère que lorsqu’il y a un match de football. Le peuple en lui-même n’existe pas. Parce qu’il est dispersé. Et il manque de conscience historique. Nous procédons de l’ajustement structurel en ajustement structurel. La vérité est que nous restons colonisés. Et cette colonisation se fait par des marchands en ce sens qu’elle devient trop coûteuse.
Nous avons affaire à une espèce de tyrannie anonyme. Nous devons nous recomposer.  C’est la défaillance que nous portons en nous, et qu’Hannah Arendt appelle « une absence de pensée »
 

mercredi 6 mars 2013

POLITIQUE


CAMEROUN

Les droits humains en milieu carcéral


Dix-huit morts en six mois dans la prison de Bertoua
Maltraitance et malnutrition sont les maux qui sont pointés du doigt. Gardiens de prison et détenus sont déterminés à mettre fin à l’enfer carcéral de Bertoua.
« Entre août et octobre 2012, nous avons enregistré 15 morts ici. Puis, trois détenus sont décédés entre le 10 et le 13 janvier 2013. Un mort par jour. » Ces déclarations alarmantes sont d’un personnel en service à la prison centrale de Bertoua. La ration alimentaire est la principale cause de mortalité dans ce pénitencier.

Prisonniers mal nourris

Une autre source ayant longtemps travaillé à la cuisine précise : « Cette ration journalière est composée de couscous fait à base de farine de manioc et de maïs tandis que la sauce est un mélange de 50 litres d’eau, d’un demi-litre d’huile de palme, d’un zeste de pâte d’arachide et de colorant. A cela, on ajoute un mélange de levure chimique et de farine de manioc pour faire gonfler le tout. »
« Pourtant le chef de l’Etat a récemment débloqué une somme totale de 1.5 milliards de francs Cfa pour améliorer la qualité de la nutrition dans les prisons du Cameroun. La prison centrale de Bertoua a reçu 26 millions de francs Cfa en liquide pour nourrir ses 500 détenus. Soit un peu plus de 2 millions de francs Cfa par mois, mais, au final, on ne dépense pas plus de 500.000 francs Cfa avec ces jongleries culinaires », affirment d’autres personnes travaillant à la prison.
Conséquence : les services de santé pointent, « un affaiblissement physique progressif de la plupart des prisonniers et un accroissement du taux de morbidité ». Malgré cette montée vertigineuse du nombre de malades, précise un détenu, « l’administration de la prison a fermé le quartier qui leur était uniquement réservé ». La raison : « Le régisseur estime que même malades, ces prisonniers peuvent s’évader ». A cause de cette décision, poursuit un autre détenu, « les malades cohabitent dans des locaux exigus avec des détenus sains qu’ils contaminent ».
Pour les mêmes raisons de risque d’évasion, soutient-on, « l’accès à l’infirmerie, donc aux soins, était interdit à ces malades qui couraient inexorablement vers la mort. On n’est donc pas surpris du nombre important de morts ». De sources internes toujours à la prison centrale de Bertoua, « cette situation a été constatée par Simo Ndjoko, le délégué régional de l’Administration pénitentiaire lors de sa récente tournée de prise de contact dans cet établissement pénitencier ». Les mêmes sources révèlent qu’« au cours de la traditionnelle séance de travail qui ponctue ce genre de descente, certains détenus ont pris la parole pour dénoncer tous ces maux et réclamer des solutions à ces mauvais traitements que tous subissent ».

Surpopulation

Dans un rapport confidentiel adressé au Garde des Sceaux, une mission d’enquête a établi qu’« effectivement, et selon les registres de l’infirmerie, dix huit détenus ont trouvé la mort ces derniers mois à la prison centrale de Bertoua ». Interrogé le 21 janvier 2013 dans son bureau, Ngang Joh Lamya Mama, le régisseur de la prison, en reconnaît douze. Au cours de notre entretien, le patron des lieux a trouvé qu’« il était normal de mourir car même dans les hôpitaux de haut standing, on meurt. Il n’est donc pas étrange de mourir à l’infirmerie de la prison centrale de Bertoua. » Surtout que, comme l’a également mentionné le rapport évoqué plus haut, « le plateau technique de cette infirmerie n’est pas capable de prendre en charge les maladies de la prison ».
A cela s’ajoute, selon le même rapport et le régisseur, « la promiscuité du fait de l’entassement parfois de plus de 50 détenus dans des locaux prévus pour 20 ». Et c’est là où le bât blesse. En effet, « comme toutes les prisons du Cameroun, la prison centrale de Bertoua souffre d’une surpopulation évaluée à plus de 400% de sa capacité initiale ». « La prison de Bertoua compte exactement 478 prisonniers pour une enceinte construite en 1930, pour en accueillir 100 ».
La faute à un système judiciaire qui n’a pas toujours intégré l’objectif principal du code de procédure pénale dont l’application devait permettre une décongestion des prisons du Cameroun. Malheureusement, malgré les possibilités qu’offre ce texte sur les mises en liberté, on se rend compte que près des trois quart des détenus de nos prisons restent des prévenus.
 
          Ange-Gabriel OLINGA (JADE)
Liste des détenus décédés d’août à octobre 2012 :
1. Ekoto Martin
2. Mohamadou Moctar
3. Ousmanou Assana
4. Yao Yaya
5. Sandé Serge
6. Amadou Ali
7. Podi Alain
8. Sali Yola
9. Mamadou Sanouna
10. Youssoufa Nguelnguelde
11. Awalou Amadou
12. Aboubakar Sidiki
13. Mamadou Awalou
14. Ousmanou Aïdjo
15. Hamadiko Ousmanou
Détenus décédés entre le 10 et 13 janvier 2013
1. Aeme César, le 10 janvier 2013
2. Mama Dibel Thierry, le 11 janvier 2013
3. Bili Zambo, le 13 janvier 2013.

LE REGARD DE "MONDEACONSTRUIRE"
 
Où va le Cameroun ?
 
L'Agence "Jade" et ses journalistes réalisent un travail "de fourmis" et plein de risques, pour révéler ce qui se passe dans les prisons camerounaises. Le seul fait qu'ils aient choisi d'étudier "l'Univers carcéral" de ce pays, signifie déjà les larges possibilités qu'ils ont devant eux. Ils ne sont jamais en peine pour trouver de quoi rédiger. Ils  ont là, à portée de main, des réserves d'articles pour longtemps. Toutes les prisons sont pleines. Les meilleurs mùinistres et collaborateurs de Monsieur Biya sont arrêtés l'un après l'autre, certains depuis vingt ans. Pour plusieurs, "rien à déclarer"! "Trouvez-lui quelque chose !" hurlera un procureur. On croit rêver ! (Sic, dans les mémoires d'un condamné)
Une jeune étudiante de Droit, membre actif de "Sant'Egidio", nous a raconté elle-même: "Lorsque je suis arrivée dans l'extrême nord du pays, je suis allé voir un homme que l'on nous avait signalé. Il était là, croupissant depuis des années, en prison. A ma demande, personne n'a pu me fournir une seule pièce justifiant pourquoi on l'avait arrêté. Le dossier était vide." La réalité dépasse la fiction.
Dans un pays où les mensonges s'accumulent depuis si longtemps, où la corruption est la "chose la plus partagée du haut en bas de la société", il n'y a plus à s'étonner de rien. Et les plus généreux risquent "d'y perdre leur âme".
                                                Pierre Jarret



jeudi 22 novembre 2012

POLITIQUE

 
CHINE
 
QUAND LA CHINE DONNE UN EXEMPLE
 
AU CAMEROUN
 
 
"L'alternance existe en Chine"
 
 
"Hu Jintao est entrain de passer la main, sans avoir eu au préalable à faire des pieds et des mains pour modifier la loi fondamentale chinoise afin de s’éterniser et mourir au pouvoir. Les présidents chinois ont, en outre, les uns après les autres, depuis Mao Tse Toung, conduit avec constance une politique de développement économique qui est parvenue à placer la Chine sur un piédestal économico financier. Elle est à ce jour la deuxième puissance économique de la planète, derrière les Etats-Unis.
 
D’après les experts et autres analystes, si sa croissance demeure aussi soutenue (7,5% en 2012), d’ici à 2016, elle prendra le meilleur sur le pays de l’Oncle Sam. En Chine, il n’y a donc
pas d’hommes providentiels, de candidats naturels, de maîtres et ses esclaves, de personnalités indispensables dont les seuls battements de cils rythment la vie du pays."

LE REGARD DE "MONDEACONSTRUIRE"

           Le texte ci-dessus est tiré du journal camerounais "Emergence" en son N° 121 du 22 novembre 2012. Lancé par des jeunes journalistes qui sortaient diplômés de l'Esstic, l'Ecole Supérieure de Journalisme de Yaoundé, leur hebdomadaire a su immédiatement se placer dans une ligne éditoriale au service de "du bien commun et de la dignité de l'homme".
           Le groupe GFS (Groupe François de Sales des journalistes au Cameroun) les encourage dans cette recherche, et remercie pour les multiples rencontres interreligieuses qui ont permis à de jeunes musulmans, à de jeunes catholiques, et à d'autres jeunes amis d'exprimer ouvertement une véritable "pensée sociale" de journalistes croyants.
                                           Pierre Jarret
 

samedi 21 juillet 2012

POLITIQUE

CAMEROUN

PAS D'INDEPENDANCE POUR LA JUSTICE


Le "Messager" de 19 juillet 2012 annonce sans équivoque "Affaire Edzoa/ Atangana et Cie-Le ministre de la Justice bloque le verdict."
Mr Laurent Esso, Garde des Sceaux, vient de démontrer au monde entier que la Justice de son pays n'est pas indépendante. Dans ce procès retentissant dont nous avons déjà parlé, il est clair pour tous désormais que Mr Paul Biya, à la tête du pays depuis 30 ans sans arrêt, est le seul à tenir tous les pouvoirs de son pays. Cela s'appelle partout une Dictature. On peut s'étonner que les élites intellectuelles, et  religieuses du Cameroun gardent, dans leur majorité, un silence étonnant face à une telle situation qui a déjà produit les records de "corruption" que l'on connaît.
Monsieur Laurent Esso, devant une décision favorable des juges dans le cas Edzoa -Atangana, n'a pas hésité à "affecter d'office un membre de la collégialité des juges la veille du délibéré renvoyé au 30 juillet 2012".
Des hommes allaient être libérés par un tribunal qui faisait son travail. Un des juges est en larmes davant cette décision qui vient d'en haut. Triste besogne d'éxécution pour Mr Esso.
                          Pierre Jarret

vendredi 22 juin 2012

POLITIQUE

CAMEROUN

MASSACRE SUR LE MARCHE

                  ( Du Journal Cameroun Com)

Samedi 16 juin 2012 dernier, trois personnes ont trouvé la mort
 et de nombreuses autres ont été blessées à la suite d’un
affrontement avec des forces de l’ordre et d’intervention
 spéciale au marché Mokolo à Yaoundé la capitale
camerounaise. « J’entends tout le monde dire qu’il y a eu trois
morts, je pense qu’on aura plus de morts. J’ai vu une femme
qui braisait le poisson tomber, il y a eu la dame du PMUC aussi
 qui est tombée, il y a cette petite fille qui est morte asphyxiée
 par du gaz lacrymogène, sans compter de nombreuses autres
personnes qui sont tombées et ont été piétinées par les autres
qui fuyaient les forces de l’ordre, affirme un témoin de la
scène…

Généralement, on chasse ceux qui vendent sur le trottoir et occupent par la même occasion la chaussée. Mais ce jour-là, on a cru suivre, que l’opération devait aussi permettre de traquer les boutiques qui conservent les marchandises de ces gens-là. Vous connaissez le marché Mokolo, c’était une erreur. Il était devenu difficile de faire le tri entre les boutiques sérieuses et celles qui hébergeaient des marchandises clandestines. Fort logiquement cela a viré à l’émeute. Vous savez il y a des gens dont la vie ne tient parfois qu’à cette boutique. On a donc assisté à une bataille pour la survie raconte un commerçant…. »



LE REGARD DE «MONDEACONSTRUIRE»

En lisant ces lignes, je ne peux m’empêcher de penser à ces gestes de
policiers envoyés vers des groupes de petits vendeurs ou de mamans
 que la nécessité envoie sur la rue pour essayer de vendre quelque
produit. Pour bien des foyers, c’est l’unique solution qui reste « depuis
 le temps que l’on est au chômage ». Le Vatican lui-même s’est ému
 de ces situations. Deux jours avant l’arrivée de Benoît XVI à
 Yaoundé, il y a quelques années, Radio Vatican recherchait un
journaliste sur la place. On me posait la question par télephone: « Que
 se passe-t-il dans les rues de Yaoundé ? On dit que la police intervient
 pour chasser  des petits marchands de la rue. »
Je n’avais pas à chercher longtemps  ma réponse. Quelques minutes
 auparavant, le taxi qui me conduisait vers l’autre côté de la ville avait
dû faire demi-tour devant le grand marché circulaire situé en plein
centre-ville. Le déploiement des forces « de sécurité » était
impressionnant, tout autant que le nombre de jeunes et d’adultes en
larmes devant ce qui restait de leurs petits étalages et de leurs
 marchandises. Quelques minutes plus tard, de Mvollyé où j’avais
finalement pu me rendre pour avoir ma carte de presse, la Directrice
 de « Caritas de l’Archevêché » me ramenait dans  sa propre voiture et
me disait : « Vous avez vu comment ils ont bousculé ces petites gens.
 Il y a des mois que nous signalons ce problème aux  autorités pour
chercher des solutions qui facilitent un dialogue, et une éducation. »

Dommage ! Aucun pouvoir n’y perd à dialoguer avec la société civile.
 Il n’est pas nécessaire que les policiers deviennent des « tueurs ».

                                               Pierre Jarret

lundi 11 juin 2012

REVUE DE PRESSE


CAMEROUN

LES GOULAGS DE LA REPUBLIQUE

            Se plonger dans une recherche de ce qui s’est passé ces derniers temps  dans les agissements de la gouvernance au Cameroun, c’est découvrir tous les risques d’une société corrompue. Je me souviens encore de mon étonnement, il y a déjà plusieurs années. Nous causions tranquillement avec Mgr André Wouking, alors archevêque de Yaoundé. Nous attendions le début d’une Session annuelle, intitulée « Les Semaines Pascales », des rencontres remarquablement organisées par l’Eglise Réformée, auxquelles participaient volontiers catholiques et musulmans. Je posais la question à Mgr Wouking : « Monseigneur,  c’est la troisième année que je viens à cette session. De nouveau, on nous propose de réfléchir sur « la corruption au Cameroun ». J’entends encore sa réponse. Avec son bon sourire, il me lance : « Tu sais, on pourra encore y revenir ! On aura encore à en parler. C’est trop profond…. »

           Ce que le pays appelle désormais « l’affaire Marafa » incite journaux et radios à fouiller les archives. L’Histoire du pays entre colonisation, esclavage, rivalités politiques, massacres, reste lourde d’exploitation européenne, et de luttes fratricides entre camerounais.

           Le cas de Mr Titus Edzoa :
        deux septennats en prison

           « Le 20 avril 1987, le Professeur Titus Edzoa, chirurgien qui fur plusieurs fois ministre, déclarait sa candidature à la présidence de la République du Cameroun. Paul Biya, le président de la République en exercice, y vit une déclaration de guerre et chargea de tous les maux celui qui avait été son compagnon de route pendant de nombreuses années. Titus Edzoa est alors emprisonné au secrétariat d’Etat à la défense (Sed) à Yaoundé…Il sera condamné à quinze ans de prison.
            A présent que ces quinze années sont passées, le pouvoir cherche à le maintenir en détention en invoquant d’autres charges. »

                     (Le Messager du lundi 4 juin2012)

              Chercher à comprendre 

           Mr Titus Edzoa, né le 4 janvier 1945, a été ministre de la Santé publique,  ministre de l’Enseignement supérieur, Secrétaire à la Présidence de la République... puis jeté en prison quand il a annoncé sa candidature à la Présidence de la République.

           Il a publié le 12 avril 2012 chez Karthala à Paris « Méditations de prison. Echo de mes silences »

                                                    Pierre JARRET



                      

       








mercredi 6 juin 2012

POLITIQUE

CAMEROUN

LE PARTI DE M. BIYA

EN CRISE DANS LE NORD DU PAYS

 

Du Journal du Cameroun Com

Cameroun: Le RDPC se déchire dans la Bénoué

Par Ebah Essongue Shabba - 04/06/2012


Marafa Hamidou Yaya, la pomme de la discorde…
Le fait divers de ce séminaire régional de Garoua aura été sans aucun doute la bagarre en pleins travaux entre madame Hadja Haoua, très remontée contre Yao Aïssatou, et la cousine de la présidente de l’OFRDPC qui voulait prendre la défense de Yao Aïssatou. Il fallait s’y attendre, ce séminaire allait être le rendez-vous du grand déballage, un exutoire pour tous ceux là qui souhaitaient cracher à la figure des dirigeants centraux du parti leur mécontentement. Pour madame Hadja Haoua présidente de l’association des femmes chocs pour la paix au Cameroun, Marafa Hamidou Yaya n’est qu’un « bandit » et dans cette affaire c’est le président Paul Biya qui est injustement agressé à travers les fameuses lettre de l’ex MINATD. Devant toute l’assemblée elle a affirmé que Madame Yao Aïssatou est une hypocrite qui est en réalité derrière Marafa. Selon elle, ce sont des militants qui le jour se réclament du RDPC et la nuit militent en faveur de Marafa Hamidou Yaya. Il a fallu l’intervention des forces de l’ordre et des camarades militants pour rétablir le calme et poursuivre les travaux. Cet incident est sans aucun doute la preuve une fois de plus que le RDPC dans le Septentrion est plus que jamais divisé par l’interpellation et la détention de l’ex MINATD."

LE REGARD DE "MONDEACONSTRUIRE"
Nos lecteurs savent que M. Marafa, ministre et haut fonctionnaire de l'Etat auprès du Président de la République durant 17 ans, a été jeté en prison fin avril 2012, pour une "affaire" d'achat d'un avion pour le Chef de l'Etat. Depuis des années, cette affaire, très obscure, apparait de plus en plus à nombre d'observateurs comme un moyen pour la Présidence d'écarter tous les hommes capables de diriger le pays. La réaction du Nord, précisément terre de M. Marafa, manifeste clairement que cette région n'accepte pas le verdict qui maintient un des "siens" dans les nouveaux goulags de l'Etat.
                                    Pierre Jarret





lundi 4 juin 2012

POLITIQUE

CAMEROUN

LE CARDINAL TUMI 
ET  LES   HAUTS  DIRIGEANTS  EMPRISONNES

           Mr JM Atangana Mébara, Ex -Secrétaire Général de la Présidence de la République de Mr Paul Biya, est en prison à Yaoundé, depuis le 6 août 2008.
           Plusieurs ministres et hauts dirigeants du pays sont eux aussi sous les verrous. Nombre de camerounais s’interrogent sur cette multiplicité d’arrestations qui laisse toute une élite de la nation pratiquement « hors service » et sans jugement pendant des années.

            De sa prison, Mr Jean Marie Atangana Mebara a publié récemment un livre « Lettres d’ailleurs », sorti en 2011 aux Editions L’Harmattan.  (Ndlr- Voir nos billets précédents).
            Le Cardinal Christian Tumi, qui connaît bien Mr Mébara, en a rédigé la préface. Quelques-unes de ses phrases posent bien des questions à tous ceux qui cherchent à comprendre si le Cameroun est encore un « Etat de droit », et si la liberté de chaque citoyen s’y trouve encore assurée.
                                                        Pierre JARRET
Christian, Cardinal Tumi, s’exprime :
             « Dans un souci de clarté et franchise, nous parcourons…la version des faits que la justice lui reproche depuis son incarcération le 06 août 2008, à la prison centrale à Kondengui, sur l’affaire dite « Albatros », l’avion présidentiel. Une affaire qu’il a trouvée  déjà en cours à sa nomination comme Secrétaire Général de la Présidence de la République…
           
            Les conclusions des enquêteurs contre lui sont partiales et semblent obéir à des consignes de l’ombre pour accabler à tout prix toutes les personnes impliquées dans l’achat de l’aéronef présidentiel. Les versions de chef d’inculpation décrites dans le livre sont parfois surprenantes et contradictoires… »               


samedi 26 mai 2012

POLITIQUE


CAMEROUN

LES PRISONS SOUS HAUTE SURVEILLANCE

LA PEUR DES EVASIONS


Il y a quelques jours, M. Polycarpe Abah Abah, ancien Ministre des Finances du Cameroun, en prison depuis plusieurs mois, accusé de « détournements de fonds publics », obtient du Régisseur de la prison une permission pour aller chez son dentiste. Naturellement, il est accompagné par une escorte de la gendarmerie qui le surveille.


Après avoir reçu les soins nécessaires, il propose à ses gardiens de passer retirer chez lui son repas que lui prépare chaque jour son épouse. Il est proche de sa maison.  L’escouade l’accompagne sans problème. Il se trouve donc bien surveillé. Il n’y a pas de danger.


Mais à peine chez lui, depuis quelques minutes, voici qu’un autre groupe armé d’une des polices spéciales de l’Etat, fait irruption dans la maison, et ramène, séance tenante, M. Polycarpe et son escorte de gendarmes dans la prison de Kondengui. M. le Ministre sera tout simplement accusé de tentative d’évasion. Il avait déjà suffisamment de charge sur son compte, à tort ou à raison, pour le maintenir en détention. Mais l’affaire ne s’arrête pas là. M. le Régisseur qui pensait avoir accompli son rôle avec toutes les précautions nécessaires, a été immédiatement limogé et remplacé, suite à un ordre lancé par le Chef de l’Etat lui-même.


                                Pierre JARRET


 


 







mardi 15 mai 2012

POLITIQUE


CAMEROUN

DANS LES COULISSES DU POUVOIR

Mr Jean Marie Atangana Mebara, ancien Secrétaire Général de la Présidence de la République (Cameroun) du Président Biya, se trouve incarcéré depuis le 6 août 2008 dans la Prison Centrale de Kondengui (Yaoundé).

Dans son livre « Lettres d’ailleurs », publié récemment par l’Harmattan et préfacé par le Cardinal Tumi, Mr JM Atangana Mabara écrit :

          « Ma nomination en septembre 2006, comme Ministre des Relations Extérieures, en conservant le titre de Ministre d’Erat, m’avait été annoncée par le Président de la République lui-même au cours d’une des dernières audiences qu’il m’accorda comme Secrétaire général de la Présidence…
(P 92)

            Ma nomination au Ministère des Relations Extérieures avait été perçue par une certaine presse et par quelques « anciens », aînés au gouvernement, comme le début de la fin : ils avaient vu juste ! En effet, un an à peine après mon arrivée aux Relations Extérieures, le Premier Ministre Inoni, (Ndlr- Enfermé lui aussi à Kondengui depuis le 16 avril 2012) au cours d’une audience qu’il m’accorda, le jeudi 6 septembre 2007, vers 16h 30, m’informa qu’il avait été chargé par le Chef de l’Etat de m’aviser que je ne ferai plus partie de l’équipe gouvernementale qui allait être annoncée moins de 45 minutes plus tard….

            C’est ainsi que j’entamai ce que certains hommes de médias ont appelé « ma descente aux enfers », et qui culminera avec mon incarcération le 6 août 2008 » (P 94)