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jeudi 14 juin 2012

REVUE DE PRESSE

CAMEROUN


Affaire Lydienne Eyoum:
Confusion au sommet de l'Etat


Du Journal du Cameroun Com

Par Shanda Tonme, président de la Comicodi - 14/06/2012

Par Shanda Tonme, président de la commission indépendante contre la corruption et la discrimination

         "Dans son édition du mercredi 13 juin 2012, le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune, publie un “Droit de réponse” attribué au “Ministre Directeur du Cabinet civil” adressé au journal français Libération, relativement à l’affaire Lydienne Eyoum. Cette nouvelle sortie de monsieur Bélinga Martin Eboutou, fait suite à une tribune publiée par le canard parisien dans son édition du 18 mai 2012. Si la substance de la déclaration du “Ministre” ne fait aucun problème et ne préoccupe d’ailleurs point, sa qualité, ses titres officiels et fonctions, sont de nature à semer un doute important quand à la détermination des attributions, la définition des prérogatives, la gestion des rôles et des statuts au plus haut niveau de l’Etat et de la république. La Commission indépendante contre la corruption et la discrimination observe que depuis un certain temps, et particulièrement depuis les nouvelles interpellations intervenues dans le cadre de l’opération Epervier, une certaine fébrilité propice à des confusions sur les rôles, s’est installée dans le pays. L’impression d’ensemble, est devenue celle d’une foire anarchique, où profitant d’une relative liberté ou d’une savante orchestration du désordre teintée de doute et de peur, de nombreux saltimbanques se livrent au jeu du pouvoir, au jeu du massacre, au jeu des accusations, au jeu des usurpations, au jeu des missions de mercenaires commandités dans les médias."
LE REGARD DE "MONDEACONSTRUIRE"
           Mr Shanda Tonme, Président de la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination est connu pour ses multiples interventions en faveur des Droits de l'Homme et du respect des personnes. Son jugement sur ce qui se passe actuellement au Cameroun est significatif.
           Ses démarches multipliées pour la disparition du bébé de "Vanessa", cette jeune camerounaise de 17 ans, lui ont permis de faire savoir que l'enfant est bien vivant, loin de sa maman, avec la complicité de personnes très haut placées. Mr Shanda Tonme et Mr Sosthène Fouda, homme politique, sont deux personnes que retiendra certainement l'Histoire du pays dans cette difficile situation qui se vit en ce moment au Cameroun. Tous deux sont restés constamment auprès de cette jeune femme, pour l'aider à retrouver son enfant. Mr Fouda a été malmené par la police à plusieurs reprises. Le fait que rien ne se soit arrangé en faveur de Vanessa, montre aussi à quel point le pays s'est enfoncé dans le mensonge et la corruption la plus perverse.
           On comprend la Déclaration de Mgr Samuel Kleda, archevêque de Douala: "C'est la Dictature qui s'installe."
                                                            Pierre Jarret

jeudi 7 juin 2012

POLITIQUE

CAMEROUN

Mr BIYA VU PAR UN DE SES FIDELES MINISTRES


           "Le Cameroun (est) un Etat de droit, une démocratie plurielle et un pays où " il n'est plus besoin de prendre le maquis pour exprimer ses idées ", (dixit Paul BIYA à Bamenda, le 22 mars 1985).
           Au demeurant, le Chef de l'Etat est un apôtre inoxydable du libre débat d'idées : " Je suis convaincu de ce que la construction du Cameroun moderne exige non seulement la participation active de tous les enfants de mon pays, mais encore et surtout une nouvelle organisation de la vie commune qui repose sur le débat permanent dans la libre confrontation des idées " (Pour le libéralisme communautaire, p. 152).
                                     (Cité par Mr Jacques Fame Ndongo)






LE REGARD DE "MONDEACONSTRUIRE"



 Le "Journal du Cameroun Com" signale le texte ci-dessus d'un des ministres resté en exercice auprès de Mr. Biya, Président de la République du Cameroun depuis 30 ans.
Le livre de Mr. Paul Biya "Pour le libéralisme communautaire", paru, il y a plusieurs années, a inspiré l'action du RPDC, Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais. dont le Président est également Mr Paul Biya.
Actuellement, une vingtaine de ministres et hauts dignitaires de l'Etat sont en prison pour détournement de finances. De nombreuses voix s'élèvent sur l'innocence de plusieurs de ces détenus, tandis que d'autres rappellent les accusations de "Biens mal acquis", il y a plusieurs mois, contre Mr Paul Biya.
Par ailleurs, l"affaire du bébé volé de la jeune camerounaise Vanessa est loin d'apporter le calme dans une opinion publique, qui vient d'apprendre qu'il s'agit pratiquement de 93 nouveaux nés qui disparaissent en moyenne par an dans ce pays où se serait organisé un véritable réseau pour ce genre d'entreprise. Le Cameroun reste dans le peloton de tête de tous les classements sur la corruption.
                                        Pierre Jarret

dimanche 27 mai 2012

POLITIQUE

CAMEROUN

L’Opération Epervier et le peuple camerounais


Par Thierry Amougou,
président de la Fondation Moumié - 22/05/2012
 
Du Journal du Cameroun-Com
 
NDLR -
Mr Thierry Amougou sait, comme président de la Fondation Moumié comment Moumié a été assassiné hier par des forces obscures de tristes liaisons franco-camerounaises
Son regard vaut la peine d'être pris en compte. C'est la grandeur de toute démocratie de chercher à sortir du mensonge.  
 
"Puisque trente ans de Renouveau National ont produit trente ans de
déficit de rigueur dans la gestion, trente ans de déficit dans la moralisation des comportements et trente ans de déficit du développement moral du pays, il semble primordial de se demander

ce que l’Opération Epervier, acharnement thérapeutique de dernière

minute sur un projet de société mort-né, apporte au peuple

camerounais et au pays tout entier en matière de développement.

Lorsque, trente ans après, un régime plonge le pays dans une hyper j
udiciarisation de la vie politique et publique alors que l’Etat de droit

recule drastiquement, cela n’est pas la conséquence d’un esprit

des lois ayant contaminé toutes les transactions au sein dudit Etat

 au point où le droit dirait et ferait tout. C’est plutôt, comme nous

 aimons à le dire, la justice et le pénal qu’on érige en assureurs en

dernier ressort des carences trentenaires de son mode de

gouvernance. En fait, chaque fois que le droit est très bavard comme

c’est le cas en ce moment au Cameroun, il ne stabilise plus la

société. Il devient un symptôme d’une instabilité sociétale et politique

 de fond. Le Cameroun est à ce stade-là. Un stade où, au lieu de

manquer de place dans ses coffres forts pour ranger les gains de

 trente ans de Renouveau National, le pays cherche plutôt comment

 agrandir ses prisons désormais l’habitat préféré de ceux qui,

sélectionnés maintes fois par le Président camerounais comme

 proches collaborateurs, ont dirigé le pays aux postes de

 responsabilité les plus élevés. Si nous faisons un bref bilan évaluatif

 des prisons camerounaises avant et après 1982, il va sans dire que

 le stock des hauts cadres et responsables politiques de haut niveau

 qui y séjournent pour avoir spolié l’Etat bat un record sous le

 Renouveau National. C’est, au bas mot, un bilan catastrophique car

cela signifie que le Renouveau National est une machine hautement

 fiable et efficace dans la production de la délinquance d’Etat, la «

feymania d’Etat ».

jeudi 26 avril 2012

POLITIQUE


CAMEROUN

La république de Kondengui

Par Patrice Nganang, écrivain - 17/04/2012

                                                  dans le Journal du Cameroun.Com

"Avec l’arrestation de Marafa Hamidou Yaya et de Inoni Ephraim, le Cameroun se retrouve soudain avec deux républiques comme la Côte d’ivoire jadis : une au soleil et une autre à l’ombre ; une, la république d’Etoudi, où siège le tyran, et l’autre au bout de la ville, la république de Kondengui dont la composition du gouvernement sera complétée d’ici peu par cinq autres à arrêter. Il est de la nature des régimes que nous a légué la France que le changement ne s’y opère que de manière brutale, sous la forme d’un coup d’Etat en réalité, quand les structures de la démocratie ne sont pas installées dans les textes comme dans les institutions comme c’est le cas dans une certaine mesure au Sénégal et au Benin. Dans tel régimes clos, seul la disgrâce de hauts fonctionnaires de l’Etat les transforme en présidentiables, quand ce n’est pas un coup d’Etat qui impose un homme neuf."

LE REGARD DE "MONDEACONSTRUIRE"

"Kondengui" est le nom du quartier de Yaoundé où se trouve la prison principale de la capitale.
Sous le motif de "barrer la route à la corruption" qui sévit depuis des années, de haut en bas, sur l'ensemble du territoire camerounais, M. Paul Biya, à la tête de l'Etat depuis 30 ans, a lancé ce qu'il appelle "l'opération Epervier". Elle consiste pratiquement à arrêter toutes les personnes accusées d'avoir détourné les Biens de l'Etat. Ces gens se retrouvent dans cette prison de Kondengui. Les arrestations en haut lieu se sont multipliées, et actuellement Kondengui compterait déjà parmi ses pensionnaires une vingtaine de hauts responsables de l'Etat. Parmi eux, pas moins de dix anciens ministres, dont, lors de la dernière opération, M. Ephraïm Inoni, premier ministre durant de très longues années, jusqu'à son remplacement, il y a peu.
Quelle est la responsabilité exacte de ces "prisonniers" ? Les deux derniers arrêtés de cette semaine, M. Inoni et M. Marafa passent pour avoir été des hommes de confiance du Président Biya. M. Marafa a exprimé, quoique discrètement, il y a quelques semaines, sa "disponibilité" pour les plus hautes responsabilités de l'Etat. M. Inoni passe aux yeux de beaucoup comme un "homme d'Etat" de grande capacité, et de proximité du petit peuple. Il s'est trouvé un certain nombre de fois, comme le représentant du Chef de l'Etat dans des cérémonies religieuses de la cathédrale de Yaoundé, ou comme son envoyé pour une ordination épiscopale.
On constate dans plusieurs organes de la presse camerounaise une certaine interrogation vis à vis de Monsieur Paul Biya, dont le nom s'accompagne facilement ces derniers temps de celui de  "Tyran" ou de "Machiavel".
Lourde aussi, une autre interrogation ! Cette "opération Epervier" touche-t-elle les vrais "prédateurs"de l'Etat ? On se souvient d'une accusation sur les "Biens mal acquis", qui n'a toujours pas de réponse.
                                                      Pierre Jarret



vendredi 15 juillet 2011

ELECTIONS AU CAMEROUN ? QUELLE TRANSPARENCE ?

LE JOURNAL DU CAMEROUN. COM
signale ce 15 juillet 2011

«Le Conseil électoral d'ELECAM affiche complet» annonce Cameroon Tribune. Il explique que: passé de 12 à 18 membres au terme d’une modification de la loi, le Conseil électoral est ainsi enrichi d’une demi-douzaine de personnalités dont la compétence, l’expérience et l’intégrité sont sollicitées dans le processus d’organisation d’élections libres et transparentes au Cameroun. Mutations pense alors que: « Elecam: Des «sensibilités en Conseil». Car:le décret présidentiel intervenait après une large consultation, par le Premier ministre Philemon Yang, d’acteurs politiques, religieux et de la société civile. A l’époque, la seule voix discordante fut celle du Social Democratic Front (Sdf), pour qui Elecam dans sa forme actuelle ne peut garantir des élections justes et transparentes au Cameroun. La Nouvelle Expression ajoute qu’: à défaut d’un cardinal, il faudra se contenter d’un évêque dans le conseil électoral d’Election’s Cameroun (Elecam). Mgr Dieudonné Watio, évêque de Bafoussam, a été désigné par Paul Biya pour compléter la composition de cette instance de l’organe en charge de la gestion du processus électoral. Une décision qui couronne les récentes tentatives d’approche d’acteurs de la société civile orchestrées par le cabinet civil de la présidence. Le Jour estime qu’ «ils ont refusé de siéger à Elecam». Ce sont: Mathias Eric Owona Nguini, le cardinal Christian Tumi et Henriette Ekwé qui ont décliné l’offre de la présidence de la République."

              Ndlr: On sait que le cardinal Tumi, ainsi que Mgr Kleda, son successeur comme archevêque de Douala, ont déclaré sans ambages qu'ils ne croient pas à la clarté de l'organisme Elecam. Le fait que M. Mathias Eric Owona Nguini, et Mme Henriette Ekwé, journaliste et militante de l'UPC, parti d'opposition qui a payé très cher son droit à exister, refusent les offres proposées, est un signe sans équivoque de réflexions sérieuses à entreprendre dans tous les milieux. L'Eglise pour sa part, souligne par ses plus grands textes sociaux, les démarches exigeantes pour tout gouvernement d'assurer aux citoyens la liberté de ses propres choix.                                                                                                  (JB Beraud, sdb)

lundi 30 mai 2011

Ils renoncent à leur marche

« La manifestation paysanne n’aura pas lieu »
« Alors qu’ils étaient déterminés à marcher malgré un refus des pouvoirs publics, le président de l’ACDIC  (Association des paysans) met un bémol à leur engouement en affirmant que les paysans se plieraient à la volonté de l’administration »
(Le Messager du lundi 30 mai 2011)

Festival du film, manifestation paysanne, défilé pacifique, peu d’expressions sont finalement autorisées par le Pouvoir. Face à chaque requête, par une réponse écrite ou sans aucun signe extérieur, peu d’espaces sont laissés aux citoyens. Monsieur le Pasteur Ka Mana, bien connu des milieux universitaires et ecclésiaux, donnait hier une conférence aux religieuses et religieux de la RDC, qui étudient ou travaillent  à Yaoundé. Il soulignait les difficultés de beaucoup de pays d’Afrique pour s’orienter vers la Démocratie. La voie des élections sur le continent noir, s’accompagne d’après lui, de lourdes difficultés pour être crédible et transparente. Le risque est alors de se tourner vers le coup d’état ou les luttes fratricides. Les résultats débouchent sur de nouvelles Dictatures. Il y aurait une troisième voie, beaucoup plus lente, mais plus sûre sans doute ! Et M. Ka Mana en appelle à l’éducation des jeunes.  
Il n’est pas seul. Benoît XVI invitait ces jours-ci, les jeunes à se former à la politique. La peur des mots  aura arrêté beaucoup d’éducateurs sur ce chemin. Il s’agit pourtant de la vie des hommes « dans la cité ». Dans les rues de Turin, un prêtre disait déjà, durant le lointain 19e siècle : « Aidez ces jeunes à devenir de bons citoyens ! » Heureux les Chefs d’Etat qui ont au moins entendu pour eux-mêmes, un tel  appel !  


vendredi 27 mai 2011

RESTER AU POUVOIR

La nouvelle loi électorale déclarée non applicable au mandat actuel de Paul Biya

          "Un nouveau débat a cours dans l’opinion publique camerounaise, et porte sur la légalité de la candidature de Paul Biya, l’actuel président du Cameroun, aux prochaines élections présidentielles. Ce dernier est déclaré candidat naturel du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), formation politique dont il est aussi le président national. Pourtant certains spécialistes du droit présentent cette candidature comme illégale, au regard de la constitution camerounaise. Le débat est lancé par un intellectuel camerounais, Alain Didier Olinga. Dans une chronique juridique signée le 21 avril 2011, dans le quotidien Mutations il avait posé la question en ces termes:
 La modification constitutionnelle du 14 avril 2008 peut-elle avoir eu pour effet, et si oui sur quelle base, de changer la nature du mandat en cours du président de la République, d’un mandat obtenu du peuple en 2004 sous les auspices de la clause constitutionnelle de limitation de mandats, en un mandat renouvelable indéfiniment, en l’absence de toute précision de cette nature dans le texte constitutionnel même, à l’instar de ce qui avait été prudemment fait dans les dispositions transitoires lors de la révision du 18 janvier 1996 ?
                   C’est une émission de radio Tiéméni Siantou, Zapresse, qui a relancé les débats le 22 mai 2011. Entre pro et anti Biya, la bataille d’arguments a été riche. La question est fondamentale et touche à l’essence même de la légalité, à savoir la non-rétroactivité des lois." 
                                                  Idriss LINGE dans "Cameroon Com" du 27 mai 2011

               NDLR - Ce texte du Journal "Cameroon - Com" vient de sortir aujourd'hui même. Déjà les opinions différentes se choquent et s'entrecroisent. Un de nos jeunes journalistes du GFS, Groupe St François de Sales, qui a lui aussi lancé son journal "numérique", avait dénombré une bonne quinzaine de Chefs d'Etat africains qui, une fois leur mandat terminé, avait "simplement" laissé la place. Les témoignages de M. Diouf, du Sénégal, ou de M Rawling, du  Ghana, sont de très belles leçons d'humanisme africain. Elles ne sont pas les seules. Le cas camerounais lié à une véritable organisation de "corruption" que personne ne conteste dans le pays, laisse beaucoup d'inconnues planer sur les prochaines élections d'Octobre 2011. Le Cardinal Tumi vient de redire sur le dernier "Effort camerounais" dans son édition du 25 mai au 7 juin, qu'il "ne croit pas à la transparence des                                                                                                   prochaines élections. 
                                                  Pierre JARRET  

mercredi 25 mai 2011

Qui s'enrichit avec le bois de l'Afrique ?

Commerce du bois: Plus de 650 millions vont dans les poches des fonctionnaires par an au Cameroun

Par Hervé Endong - 25/05/2011

Les pots-de-vin représentent 9% des coûts d’exploitation selon un rapport du Centre de recherche forestière internationale


Le « gombo » représente 9% des coûts d’exploitation

L’information vient du Centre de recherche forestière internationale (CIFOR). L’organisme technique international vient de commettre un rapport incendiaire. Un véritable pamphlet. Ce rapport est le fruit d’enquêtes menées sur le terrain par deux chercheurs travaillant au bureau du CIFOR de Yaoundé. Il s’agit de Paolo Cerutti et Guillaume Lescuyer. Il souligne que les personnes impliquées dans ce commerce illégal de sciages doivent régulièrement verser des pots de- vin aux représentants des administrations pour poursuivre leur activité. Ce « gombo », apprend-on, représente 9 % des coûts d’exploitation. C’est Bertoua, le chef lieu de la région de l’Est, qui est le fief de ces trafics qui font perdre énormément d’argent à l’Etat. « Une partie du bois qui passe par le marché de Kano, à Bertoua, est vendue à des acheteurs de Yaoundé, la capitale du pays, mais la majeure partie est destinée au Tchad, à plus de 1250 kilomètres au nord. Un voyage onéreux. Entre Bertoua et la frontière, on compte une vingtaine de barrages routiers tenus par des fonctionnaires du Ministère de la Forêt et de la Faune (MINFOF), de la gendarmerie et de la police, et la seule manière de passer est de leur verser de l’argent », indique Amadou, un négociant local cité par les deux chercheurs. « Ces fonctionnaires savent que le bois a le plus souvent été récolté de manière illégale. Ainsi, si les négociants refusent de payer, ils ne passent pas », poursuit-il. 
 ( Journal du Cameroun Com N° 490 du  25 mai 2011)
NDLR "Monde à construire" - Le Cameroun remporte tristement chaque année des records de "corruption". Le transport du bois en est un des signes. Il y a d'autres transports dont on parle moins souvent dans la presse. Lorsque des associations éducatives tentent de rassembler des jeunes de pays différents parce qu'ils font partie d'une même région, est-il vraiment nécessaire que les responsables, après avoir fait déjà toutes les démarches de visas pour le passage des frontières, soient obligés d'aller "récupérer" leurs "invités" dans un commissariat ? C'est pourtant ce qui est arrivé pour des jeunes venus du Tchad au Cameroun. Etait -il nécessaire de leur avoir demandé de l'argent à plusieurs reprises le long de leur parcours déjà très fatigant ? La police a elle aussi le droit d'être honnête et respectueuse des personnes.

jeudi 19 mai 2011

Cameroun - Le Cardinal Tumi, la "corruption" et la politique

« Dans mon livre « Ma foi. Cameroun, un pays à remettre à neuf », à paraitre le 14 juin 2011, je parle de la corruption qui gangrène notre pays. Vous savez que deux années consécutives, le Cameroun a été classé le premier pays le plus corrompu au monde… 
Un évêque vit dans le monde, et il ne saurait servir de berger aux brebis en ignorant le monde dans lequel il évolue. Et donc, s’il y a des décisions politiques qui ont des conséquences sur les fidèles, mon rôle de berger n’est pas de me taire, mais de parler pour amener les gens à changer leur cœur. »
 (D’après Mutations du lundi 16 mai 2011-Eric Roland Kongou )

mardi 17 mai 2011

Les Conseillers du Président

"Les conseillers en communication du Président (ndlr. M. Paul Biya), ces sorciers
blancs grassement payés depuis des décennies, lui font sans doute croire qu’il a intérêt à acheter des espaces dans les «grands médias internationaux » pour faire la promotion du Cameroun et la sienne propre. Brandissant l’illusion au monde qu’il reste l’incontournable leader du Cameroun.
Mais, il devrait savoir qu’en Côte d’Ivoire, l’ancien président Laurent Gbagbo a dépensé une fortune à payer les communicants français. Mais, quand est venue la décision de l’histoire, les médias proches de ces mêmes communicants ne l’ont pas épargné. Et c’est peu dire !".
                                Du journal Emergence N° 48 du 16 mai 2011


mercredi 20 avril 2011

Le Festival du Film interdit et l'Union européenne

INTERDICTION DU FESTIVAL DU FILM DES DROITS DE L'HOMME DE YAOUNDÉ:L'UNION EUROPÉENNE SORT DE SA RÉSERVE

Sauf le Cameroun-Tribune, TRES PROCHE DU POUVOIR, Tous les journaux camerounais ( Ici, Intégration) publie la declaration de l'union EUROPEenne
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rencontre-gouvernement-union-europeenne_article_top.jpgLa Délégation de l'Union européenne au Cameroun fait la déclaration suivante en accord avec les Chefs de mission européens au Cameroun. La Délégation de l'Union européenne a appris la décision des autorités administratives camerounaises d'empêcher, au dernier moment, la tenue du premier Festival du Film des droits de l'homme qui devrait avoir lieu à Yaoundé du 12 au 17 avril.
Pour rappel, l'Union européenne avait accordé une subvention de 65000 euros (environ 42,6 millions FCFA) pour l'organisation de ce festival.
La Délégation de l'Union européenne regrette cette décision, qui a empêché la tenue d'une manifestation dont l'importance aurait pu rayonner en terme culturel dans le pays, comme cela c'est produit récemment dans d'autres pays d'Afrique subsaharienne et formule le voeu qu'à l'avenir un débat libre et ouvert sur les droits de l'homme reste assuré au Cameroun.

vendredi 1 avril 2011

Les convictions de Henriette Ekwé

Henriette Ekwé a pris la parole à la Maison Blanche

A l’issue de la célébration qu’a reçue Henriette Ekwé, camerounaise,  à  la Maison Blanche, en présence de Hillary Clinton, de Michèle Obama, et de neuf autres  « Femmes Courage », à l’occasion de la Journée de la Femme, ce 8 mars 2011, elle a fait cette déclaration  à la Presse.
 « J’ai été femme politique jusqu’en 1995. Puis je suis entrée dans la presse de manière légale. Mais en faisant de la politique, je faisais déjà la presse dans l’UPC. Je suis upéciste. Une fois qu’on l’est devenue, on le reste. Mais aujourd’hui, je ne suis plus dans la politique…Je suis une journaliste de conviction, comme il y en a plein dans d’autres médias. Il y a des journalistes qui sont des députés, des maires et les autres. Il y en a qui sont des membres du parti au pouvoir et qui ne s’en cachent pas. Pourquoi quand il s’agit d’un journaliste qui milite pour un parti d’opposition, on  lui remet tout le temps cette casquette….C’est une liberté pour tout le monde d’avoir des libertés politiques…Mes combats sont la liberté, la démocratie, la transparence, la lutte contre la corruption, et surtout le développement. Si un jour je dois me présenter à l’élection présidentielle pour que les choses changent, je n’hésiterais pas. La casquette de journaliste n’empêche pas d’être engagé politiquement. »              
                                                         (D’après Le Messager N°3302 du vendredi 11 mars 2011)

vendredi 18 mars 2011

Morts pour rien au Cameroun

Comment sont-ils morts ?
                … Cette jeune fille camerounaise, étudiante à Nantes, dont le frère cadet  est tombé sous les coups des balles le lundi 25 février 2008 du côté de la vallée de Bessengue, alors qu’il rentrait de l’Institut d’enseignement secondaire de Bouajinjé  (Iesb), son établissement scolaire.
                « On m’a seulement informé que Christian Narcisse a été tué. Je ne sais toujours pas comment cela est arrivé, ni ce qui s’est vraiment passé. Ce que je sais, c’est que mon frère n’était pas du genre à manifester, à provoquer ou à se mêler aux fauteurs de trouble. C’était un garçon calme, tranquille, de nature taciturne », confie-t-elle…La détresse de cette fille me traverse d’autant en profondeur que son jeune frère a été tué sous mes yeux, à moins de 30 mètres de distance. Le tir est parti d’une arme silencieuse portée par une femme gendarme. Pourquoi ? Difficile à savoir. Ce qui est sûr, c’est que quelques minutes auparavant, une vie altercation entre une bande de jeunes manifestantset des forces de l’ordre a conduit cette femme gendarme à être prise en otage par ces manifestants, en surnombre par rapport aux hommes en tenue. La femme gendarme est alors molestée, humiliée, avant d’être relâchée. Quand elle revient, c’est avec des renforts. Et c’est elle qui, derrière le véhicule de la gendarmerie va faire usage de son arme…Le jeune Christian Narcisse, du haut de ses 15 ans ne sait rien de ce qui s’est passé…Il  cherche à regagner le domicile familial…Cet adolescent est clairement une des nombreuses victimes collatérales des émeutes de février 2008.

jeudi 24 février 2011

CAMEROUN - M. BIYA CHOISIT LA REPRESSION

Mr Paul Biya, Président du Cameroun,
choisit la « répression sauvage »,
face aux manifestations pacifiques de son peuple


Quelques titres des quotidiens d’opposition, après la « journée de tous les risques », annoncée hier au Cameroun.
Le quotidien « Mutations » aligne :
« Le pouvoir réprime les opposants à Douala»
« La commémoration des émeutes de février 2008 a été verrouillée hier par les forces de l’armée et de la police »
« Douala : une ville militarisée »
« Mboua Massok, (ndlr.un des leaders d’opposition) réfugié à l’archevêché de Douala »
« Le  Messager» multiplie ses dénonciations sur sa « une » :
« Marches du 23 février. Les manifs matées dans le sang à Douala. Les forces de l’ordre chargent les marcheurs. La milice du RDPC ( ndlr. Rassemblement Du Peuple Camerounais, parti de M. Paul Biya) sévit sur le terrain »
« Jean Michel Nintcheu, Kah Walla, Anicet Ekané, Hameni Mbieuleu, Mboua Massok, (ndlr. tous leaders d’opposition) sévèrement bastonnés »
« Des unités antiémeutes marchent sur Yaoundé. Gendarmes et policiers quadrillent la ville pour prévenir les soulèvements annoncés par les tracts »
Les multiples photos des deux quotidiens révèlent les deux villes de Yaoundé et de Douala, comme des cités en état de siège.
Des femmes et des hommes responsables
Le Messager donne la parole aux différents leaders d’opposition.
« La répression n’arrête ni la liberté, ni la révolution, déclare Anicet Ekanet. C’est tout simplement ridicule ce que vient de faire le gouvernement camerounais… »
« Autant on peut dire, pour être honnête, qu’il n’y a pas eu une forte mobilisation populaire, autant on doit reconnaître que sur le plan symbolique et politique, nous avons marqué un avantage par rapport au régime. Il est clair que désormais la peur a changé de camp… », répond  au journaliste M. Abanda Kpama, Président du Manidem.
Mme Kah Walla, Prèsidente du parti Cameroon O’Bosso, a été arrêtée, tabassée, s’est évanouie et a due être réanimée à l’hôpital : «  Je suis ravie de constater que les Camerounais adhèrent à cette revendication légitime… Ce matin, nous étions des centaines…La police est arrivée…Nous nous sommes assis pour leur montrer que nous faisions une marche pacifique…Ils m’ont prise pour cible. Ils m’ont placé au milieu de la route et m’ont arrosée avec des eaux chimiques à l’aide de leurs canons à eau… Nous sommes heureux d’avoir posé cet acte. »
Jean Baptiste Sipa, Directeur du Messager, avait averti la semaine dernière : « Les révolutions ne se recopient pas si facilement… » Le Cameroun n’est pas nécessairement la Tunisie, l’Egypte, ou la Lybie. Mais il a voulu tester s’il pouvait célébrer ses « martyrs » de février 2008. M. Paul Biya, chef de l’Etat depuis 29 ans, n’a pas hésité à ses 78 ans, à faire changer la Constitution pour pouvoir se représenter aux élections d’octobre 2011. Il n’avait pas hésité à faire tirer sur les manifestants en février 2008, provoquant le massacre de 139 de ses compatriotes, des jeunes pour la plupart. On comprend que son gouvernement ne soit pas disposé à accepter dès aujourd’hui la reconnaissance de ces « martyrs ».
L’Histoire pourtant reconnaît déjà que cette journée d’hier questionne sérieusement un tel pouvoir : « Face à une manifestation qui a été déclarée, qui est légale et qui par avance était reconnue pacifique, le déploiement des forces de répression et la sauvagerie avec laquelle elles se sont exprimées montre que ce régime est véritablement en difficulté» a déclaré avec calme, le Président du Manidem, qui venait d’être malmené par les forces de l’ordre.
A quelqu’un qui lui demandait cette semaine : « Penses-tu qu’au Cameroun, les gens se lèveront pour des marches de libération, comme en Tunisie, ou en Egypte ? »,  Sophie, jeune étudiante universitaire de Yaoundé, a répondu, souriante : « Eux, ce sont des arabes. Nous, les noirs, on a peur de mourir. Peut-être à cause de notre Histoire au temps de l’esclavage… » Pas si sûr que le « martyrologe de février 2008 » ne soit pas en train de préparer des changements…
                        Pierre JARRET, avec Mutations et Le Messager





mercredi 23 février 2011

REVUE DE PRESSE

REVUE DE PRESSE CAMEROUNAISE
Conférence de Presse du Ministre de la Communication
« Le ministre camerounais Issa Tchiroma Bakary de la communication, a fait savoir mardi que les populations ne se devaient pas suivre les mots d’ordre à manifester lancés par certains politiciens pour ce mercredi 23 fevrier2011. Le ministre Issa Tchiroma a fait savoir que ce qui arrivait dans certains pays du monde ne devait pas être pris comme prétexte pour faire des soulèvements au Cameroun. « C’est maintenant que le Cameroun commence à récolter les fruits de son long sacrifice, et c’est au même moment que certains choisissent de vouloir priver les camerounais de jouir de ces fruits. Leur but est de mettre le chaos et…de  prendre le pouvoir, un pouvoir qu’ils veulent prendre par effraction parce qu’ils ne réussissent pas à le prendre par des voies légales et cela en vous sacrifiant et en sacrifiant vos enfants, alors que eux sont protégés ainsi que leur enfants. »
                                              (Journal du Cameroun. Com du mercredi 23 février 2011 )
Cependant la Conférence de Presse continue… On se demande quel en est le sérieux…Des opposants viennent d’être arrêtés.
M. le Ministre déclare :« Le Code veut envoyer vos enfants se faire massacrer alors que les leurs sont tenus au chaud à Bruxelles, Paris ou Londres. Ne cédez pas à la manipulation. » Un journaliste pose une question : « Voulez-vous dire que si les gens descendent dans la rue, ils seront massacrés ? » Réponse : « Ils ne descendront pas. Ils le feraient pourquoi ? Le gouvernement y veille en s’assurant que les jeunes puissent trouver du travail par exemple. » Mais pourquoi donc des leaders politiques comme Abba Aboubakar sont enlevés et gardés à la direction de la surveillance du territoire, renchérissent les journalistes ; Réponse de M ; le Ministre : « Je ne sais pas pourquoi ils ont été interpellés par la police. C’est aux journalistes d’enquêter afin de nous dire pourquoi ils sont gardés par la police. » (ndlr – Le théâtre de Labiche est largement dépassé)
                                   ( Le Messager du mercredi 23 février 2011)