lundi 16 janvier 2012

REVUE DE PRESSE

L’EGLISE CONGOLAISE
RECLAME UN DIALOGUE POLITIQUE

Les évêques de République démocratique du Congo 
dénoncent de graves irrégularités lors des élections du 28 
novembre.
Ils préparent une marche pacifique des chrétiens pour 
appeler au dialogue.

On la disait divisée. Elle s’est montrée unie. La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) s’est réunie en Assemblée plénière extraordinaire pour analyser le rapport électoral de l’Église catholique, qui avait déployé 30 000 observateurs pour l’élection présidentielle et les élections législatives du 28 novembre dernier. En est ressortie la déclaration « Le courage de la vérité », adressée à « l’ensemble du peuple congolais ».
L’abbé Léonard Santedi, secrétaire général de la Cenco, l’a lue jeudi 12 janvier lors d’une messe à la cathédrale Notre-Dame, dans la capitale Kinshasa. L’édifice était bondé de fidèles qui ont chaleureusement accueilli les prélats – dont le cardinal et archevêque de Kinshasa, Laurent Monsengwo Pasinya, mis en cause par le pouvoir pour avoir déclaré que les résultats des élections « ne sont conformes ni à la vérité ni à la justice ».

RÉSULTATS CONTESTÉS


« Il ressort du rapport final (…) et des témoignages recueillis de divers diocèses et d’autres sources, que le processus électoral s’est déroulé, à beaucoup d’endroits, dans un climat chaotique, indique la déclaration des évêques. L’on a noté plusieurs défaillances, des cas de tricheries avérées et vraisemblablement planifiées, de nombreux incidents malheureux entraînant mort d’homme, des cafouillages, et, à certains endroits, un climat de terreur entretenu et exploité à dessein pour bourrer les urnes. »
Le texte conclut que « le processus électoral a été entaché de graves irrégularités qui remettent en question la crédibilité des résultats publiés ». Pour l’heure, les seuls résultats officiels sont ceux du scrutin présidentiel : le chef de l’État sortant Joseph Kabila – qui a reconnu des irrégularités dénoncées par plusieurs pays et observateurs nationaux et étrangers – a été proclamé vainqueur (48,95 %), devant l’opposant Étienne Tshisekedi (32,33 %), qui s’est autoproclamé « président élu ».
La Cenco enjoint les acteurs politiques au dialogue et avertit que si l’on prenait « le risque de continuer à gouverner le pays par défi, les tensions intérieures plus ou moins maîtrisées à court terme culmineraient, tôt ou tard, dans une crise grave et difficile à dénouer ». 
Et alors que le cardinal Monsengwo, tout juste nommé aux Conseils pontificaux pour la culture et pour les communications sociales, est accusé par certains d’être partisan de Tshisekedi, la Conférence précise : « Nous ne plaidons pas (…) pour un parti politique. »

APPEL À LA RÉCONCILIATION


« Même s’il n’a pas cité le nom, tout le monde est au courant que c’est Étienne Tshisekedi qui a gagné », tranche Noella, une fidèle. « Si réellement les irrégularités dénoncées amènent à un changement quelconque, d’emblée, je dis non ! », riposte Jean-Jacques, venu vérifier que l’Église appelait bien « à une réconciliation, à une paix durable, contrairement à une branche de l’Église à Kinshasa ».
La Cenco a qualifié la compilation en cours des résultats des élections législatives d’« inacceptable », avant d’exhorter la Commission électorale (Céni) à « corriger impérativement les erreurs graves (…) sinon démissionner ». 
Au lendemain de cette prise de position, la Céni a reporté la proclamation des résultats provisoires complets, qui était prévue vendredi, afin de « garantir la transparence et la crédibilité des opérations de compilation ». Elle a annoncé qu’en « cas de contestation et de réclamation », un « recomptage » serait opéré.
Prochaine étape pour l’Église, une « marche pacifique » des chrétiens (80 % des 67 millions de Congolais) organisée le 16 février par l’archevêché de Kinshasa pour « réclamer la légitimité et la légalité du pouvoir ». Le même jour, vingt ans plus tôt, à l’époque du dictateur Mobutu, plusieurs personnes avaient été tuées dans la répression d’une « marche des chrétiens » revendiquant plus de démocratie. 
Habibou Bangré, à Kinshasa (Dans La Croix)

LE REGARD DE "mondeaconstruire"
           
            En quelques heures, la Déclaration très claire de la Conférence épiscopale congolaise, a attiré l'attention du monde sur les Eglises d'Afrique. Chacun sait confusément comment elles sont plus ou moins freinées ou contrariées par des pouvoirs qui se croient "envoyés" pour les contrôler. D'autres perçoivent aussi une "soumission plus ou moins intéressée" des Pasteurs envers tel ou tel Chef d'Etat. Nombre de situations sont pour le moins "délicates". 
            Il faut saluer l'effort d'une Eglise qui se rassemble et se refuse  à accepter la mise en place organisée de l'injustice. Il faut relire les messages de Benoît XVI il y a quelques jours, au coeur de ce continent. Tout autant que les plus humbles citoyens, les Responsables des Nations ont droit, eux aussi,  de découvrir leur propre vocation au service de la Justice et de la Paix.



dimanche 15 janvier 2012

REVUE DE PRESSE

Plusieurs archevêques africains 

en pointe face aux violences 

et aux fraudes

Quel est le regard que posent les médias sur les Eglises ? La récente Déclaration courageuse et exigeante de la Conférence Episcopale de la République Démocratique du Congo amène des journalistes à étudier les réactions d'autres hommes d'Eglise. Un correspondant de l'AFP apporte l'article suivant dans  les services de la Croix de Paris.

Plusieurs archevêques africains ont adopté des positions en pointe face aux violences religieuses et aux fraudes politiques et économiques, conformément aux directives du Vatican, même si Rome s’inquiète de certaines dérives du clergé en Afrique.
Au Nigeria , le cardinal Anthony Okogie, archevêque de Lagos, et Mgr John Onaiyekan, archevêque d’Abuja, ont clamé haut et fort qu’il n’y avait pas de guerre de religion, désavouant les appels à la vengeance, et critiquant la faiblesse du gouvernement et ses mesures économiques.
En République démocratique du Congo , le cardinal Laurent Monsengwo a contesté dès décembre les conditions du scrutin ayant réélu Joseph Kabila, comme « conformes ni à la vérité ni à la justice ». La conférence épiscopale, dans un message intitulé Le courage de la vérité , a demandé que les erreurs dans les résultats des présidentielles et législatives soient « corrigées », sans demander l’annulation des scrutins, dans une situation à haut risque.
Au Sénégal , le cardinal Adrien Sarr a critiqué le gouvernement pour ne pas faire assez pour la paix en Casamance.
Au Burkina Faso , l’archevêque de Ouagadougou, Mgr Philippe Ouédraogo, a indiqué que les évêques s’opposaient à une révision de la Constitution qui permettrait au président Blaise Compaoré de briguer un nouveau mandat.
Au Cameroun , le cardinal à la retraite Christian Tumi, non suivi par tous les autres évêques, dénonce la corruption du régime du président Paul Biya. Il a reçu en novembre le prix de l’intégrité de l’ONG Transparency International (TI).

PRESTIGE DE PATRIARCHES

Benoît XVI avait remis en novembre aux évêques l’exhortation apostolique rédigée après l’assemblée du Synode des évêques pour l’Afrique, en 2009 au Vatican, leur recommandant de s’engager pour la réconciliation, la justice et la paix, au-delà des clivages ethniques.
Le document du synode, influencé par le génocide du Rwanda en 1994 où les réflexes ethniques l’avaient emporté même dans le haut clergé, cherche à introduire la clarté dans l’engagement politique de l’Église : il recommande d’abord un engagement non partisan pour former les jeunes générations à la bonne gouvernance et rappeler des valeurs de l’Évangile.
L’Église africaine, « qui a œuvré fortement à la démocratisation des années 1990, a encore un grand rôle à jouer pour les droits de l’homme et la justice économique », a expliqué à l’AFP Mario Giro, expert africain de la Communauté de Sant’Egidio.
Si leur prestige de patriarches rend les prélats africains parfois redoutables pour les dictateurs, leur rôle, selon le prêtre togolais Ballong Wen Mewuda de Radio Vatican, ressemble parfois à une « mission impossible ». « L’évêque doit être la voix des sans voix et dire à la société ce qui ne va pas. La génération des évêques actuels en est plus consciente, mais les problématiques sont souvent plus complexes qu’après les indépendances », dit-il.

LIENS AVEC LE POUVOIR

Certains évêques mènent grande vie, sont parfois démis pour corruption et affaire de mœurs, comme ces dernières années les anciens archevêques de Cotonou et de Bangui, Mgr Marcel Honorat Agboton et Mgr Paulin Pomodimo.
Surtout leurs liens avec les pouvoirs – confortés par des liens de parenté ou parfois des pots-de-vin –, leurs ethnies ou parfois avec des gouvernements étrangers font qu’ils peuvent être manipulés et sortir de la neutralité. Ainsi, les évêques du Gabon sont souvent jugés dociles face au président Ali Bongo. Dans certains pays, faute de candidats autochtones sûrs, le Saint-Siège nomme parfois des évêques missionnaires, blancs.
Dans d’autres pays comme la Côte d’Ivoire, les évêques sont apparus très divisés face aux crises politiques, et le Vatican a eu fort à faire pour définir une ligne claire.
« Malgré des exemples de courage, la qualité moyenne des évêques a chuté, alors que le rôle des laïcs est plus positif », juge une source proche du Vatican qui a requis l’anonymat.
                                                                 Jean-Louis de la Vaissière (AFP)

samedi 14 janvier 2012

POLITIQUE



RDC - "UNE EGLISE QUI PARLE"


"LE PEUPLE CONGOLAIS 
A FAIM ET SOIF DE JUSTICE ET DE PAIX"

Le courage de la vérité (cf. 2Cor7, 14)
Message de l’Assemblée plénière extraordinaire 
de la CENCO aux fidèles
catholiques et à l’ensemble du peuple congolais


Introduction

1. En ce début de l’année 2012, que Dieu bénisse le peuple congolais et qu’Il le garde ! Qu’Il lui montre un visage bienveillant et plein de grâce ! Que Dieu lui manifeste sa bonté et qu’Il lui accorde la paix ! (cf. Nb 6, 24-26).
2. Réunis en Assemblée plénière extraordinaire à Kinshasa du 09 au 11 janvier 2012, Nous, Cardinal, Archevêques et Evêques, membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), avons, dans un travail concerté, analysé le rapport d’observation électorale menée par notre Eglise. Dans la prière et dans la foi en l’avenir heureux de notre pays, nous adressons ce message à nos fidèles et à
l’ensemble du peuple congolais pour tirer des leçons du processus électoral en cours.


Acquis du processus électoral


3. Nous saluons la détermination de notre peuple qui, le 28  novembre 2011, a fait preuve de maturité et de civisme en se rendant nombreux aux urnes et parfois dans des conditions pénibles pour désigner souverainement ses gouvernants. Nous félicitons notre Gouvernement qui a réussi à financer en grande partie ces élections.
Cela montre que nous pouvons réussir la construction de notre pays si nous y mettons les moyens et la bonne volonté. Nous ne saurions  taire les efforts déployés par la CENI pour réussir, d’un point de vue  logistique, le déploiement des matériels électoraux en bravant bien des défis dans notre vaste pays aux infrastructures de
communications défectueuses. Nous félicitons également tous les observateurs et témoins électoraux qui ont consenti de multiples sacrifices pour remplir leur tâche.


Défaillances


4. Cependant, le traitement du fruit de ce travail a déçu plus d’un congolais. Dans notre message du 25 février 2011, intitulé « Année   électorale : Que devons-nous faire ? (Ac 2, 37) », nous souhaitions vivement que ces élections se déroulent dans la transparence, la vérité et la paix afin d’inscrire notre pays dans le registre des nations
respectables et dignes[1]. Dans l’Appel du 3 décembre 2011, la CENCO, tout en rappelant qu’elle n’avait pas pour objectif de publier des résultats que, par ailleurs, sa mission d’observation électorale n’a pas, invitait le peuple congolais, les acteurs
politiques et la CENI à s’en tenir impérativement à la vérité des urnes. Dans la Mise au point de son Secrétariat général, le 8 décembre 2011, la CENCO a relevé des éléments positifs du processus électoral mais aussi elle a épinglé des irrégularités et
des faiblesses inquiétantes. C’est dans cette même logique que, le 12 décembre 2011, s’inscrivait la Déclaration du Cardinal Archevêque de Kinshasa qui, au vu de ces irrégularités et faiblesses, a dénoncé la non conformité à la vérité et à la justice des résultats provisoires  publiés par la CENI.
5. Aujourd’hui, il ressort du rapport final de la mission d’observation électorale de la CENCO et des témoignages recueillis de divers diocèses et d’autres sources que le processus électoral s’est déroulé, à beaucoup d’endroits, dans un climat chaotique.
L’on a noté plusieurs défaillances, des cas de tricheries avérées et vraisemblablement planifiées, de nombreux incidents malheureux entraînant mort d’homme, des cafouillages, et, à certains endroits, un climat de terreur entretenu et exploité à dessein pour bourrer les urnes. Ce n’est pas tout. Ce qui se passe présentement au
niveau de la compilation des résultats des élections législatives est inacceptable. C’est une honte pour notre pays.
6. Eu égard à ce qui précède, nous estimons que le processus électoral a été entaché de graves irrégularités qui remettent en question la crédibilité des résultats publiés.
Nous demandons aux organisateurs d’avoir le courage et l’honnêteté de tirer les conséquences qui s’imposent. Car, reconnaître ses erreurs est une preuve de grandeur. Mais si l’on prend le risque de continuer à gouverner le pays par défi, les tensions intérieures plus ou moins maîtrisées à court terme culmineraient, tôt ou tard,
dans une crise grave et difficile à dénouer. Il est donc indiqué que dans une démarche inclusive, l’on privilégie la voie du dialogue pour l’intérêt supérieur de la nation congolaise. C’est l’heure du courage de la vérité.


Notre mission prophétique


7. Fidèles à notre mission de guetteurs pour le peuple de Dieu (cf. Ez 3, 17), nous dégageons de ce processus plusieurs défis à relever pour l’avenir en vue de l’avènement d’un Etat de droit en RD Congo et pour le bien-être de sa population. Ce faisant, nous n’entendons pas prendre en main la bataille politique pour édifier une société la plus juste possible. Nous ne plaidons pas non plus pour un parti politique.
Comme le recommande le Pape Benoît XVI, « l’Eglise ne peut ni ne doit se mettre à la place de l’Etat, mais elle ne peut et ne doit non plus rester à l’écart dans la lutte pour la justice»[2]. C’est pourquoi, « dans son rôle prophétique, chaque fois que le peuple
crie vers elle : «Veilleurs où en est la nuit » ? (Is 21, 11), l’Eglise désire être prête à rendre raison de l’espérance qu’elle porte en elle (cf. 1P 3, 15) car une aube nouvelle pointe à l’horizon (Ap 22, 5) »[3]. Et nous faisons nôtre cet appel du Pape Benoît XVI,


« A cause du Christ et par fidélité à sa leçon de vie, notre Eglise se sent poussée à être présente là où l’humanité connaît la souffrance et à se faire l’écho du cri silencieux des innocents persécutés, ou des peuples dont des gouvernements hypothèquent le présent et l’avenir au nom d’intérêts personnels »[4].
8. A cet effet, nous ne nous lasserons pas de dénoncer tout ce qui met en péril l’édification d’un Etat démocratique. L’on ne construit pas un Etat de droit dans une culture de tricherie, de mensonge et de terreur, de militarisation et d’atteinte flagrante à la liberté d’expression. Si la démocratie est un pouvoir du peuple par le
peuple et pour le peuple, l’on doit respecter ce peuple. Dans le contexte actuel, le peuple meurtri et frustré, assiste impuissant à un processus qui ne reflète toujours pas sa volonté et qui s’apparente par endroits à un arrangement entre certains acteurs politiques.


La paix dans la vérité


9. « L’Eglise a une mission de vérité à remplir, une mission impérative, c’est un service rendu à la vérité qui libère »[5]. Le processus électoral devrait permettre la consolidation de la culture démocratique et la pacification du pays. Nous voulons la
paix. Mais, celle-ci a des exigences auxquelles l’on ne saurait déroger, notamment la vérité, la justice et le respect du peuple. C’est au nom de la paix que l’Eglise ne cesse d’inviter les dirigeants congolais à la justice et à l’amour de la vérité. De quelles
valeurs en effet sera pétrie notre jeunesse si, à longueur de journée, on ne lui offre que le spectacle d’antivaleurs ?


Atteinte à l’intégrité et à la dignité des personnes


10. Dans ce contexte, nous condamnons la campagne orchestrée publiquement contre le Cardinal. Ce déferlement d’injures a choqué aussi bien les fidèles catholiques que d’autres personnes. Il atteste l’émergence d’une pensée unique qui tend à museler toute opinion contraire. De même, nous condamnons les insultes et les menaces à l’endroit du Président de la CENCO. Nous rappelons que le débat
d’idées en démocratie n’autorise pas des attaques personnelles.
11. Nous ne pouvons pas nous taire devant ces dérives et bien d’autres que nous désapprouvons: des menaces physiques, des atteintes aux droits humains, des enlèvements et des intimidations, la confiscation des moyens publics de communication par une famille politique. A cause de leurs opinions, des Evêques, des ecclésiastiques et des paisibles citoyens ont été et restent encore victimes de ces menaces.
12. Nous invitons nos fidèles catholiques et le peuple congolais dans son ensemble à la non-violence car la violence appelle la violence. Elle engendre la destruction et la misère. En ce sens, nous demandons à nos compatriotes vivant à l’étranger, avec qui
nous partageons le souci pour un Congo nouveau, et dont nous reconnaissons les sacrifices qu’ils endurent pour venir en aide à ceux qui sont au pays, de ne pas recourir à la violence et de trouver les voies pacifiques pour apporter leur contribution à la construction d’un Congo réellement démocratique. A l’exemple de
notre divin Maître, nous devons répondre à la violence par l’amour (cf. Mt 5, 43-44).


Recommandations


13. Nous recommandons :
- Au Peuple congolais tout entier, de ne céder ni au pessimisme, ni au désespoir, ni à la violence, ni au tribalisme, ni à la xénophobie mais, de s’unir autour des valeurs chrétiennes et démocratiques de justice et de vérité, de croître dans la conscience de son unité nationale et de son pouvoir de souverain primaire afin de l’exercer en toute vigilance et dans la légalité ;
- Aux Acteurs politiques, de faire preuve de maturité politique, d’avoir la capacité de s’organiser pour assumer pleinement leur responsabilité; d’élever le débat politique en mettant fin à des injures et des mensonges et en se souciant de l’éducation civique de la population et de son bien-être;
- A l’Equipe actuelle de la CENI, d’avoir le courage de se remettre en question, de corriger impérativement les graves erreurs fustigées qui ont entamé la confiance de la population en cette institution, sinon de démissionner ;
- Au Parlement, de revoir de toute urgence la composition de la CENI qui ne jouit plus de la confiance de la population et d’y intégrer la représentation de la Société civile pour plus d’indépendance; en outre, de se réaliser que le peuple n’admettra
aucune tentative de modifier les articles verrouillés de la Constitution ;
- Au Gouvernement, de tirer des leçons de cette débâcle électorale, de prévoir les moyens pour les élections à venir et de les libérer à temps pour un meilleur déroulement ; d’arrêter de puiser dans le trésor public pour des intérêts personnels et de prendre conscience que le peuple veut le changement;


- A la Police nationale et aux Forces armées, de faire preuve de professionnalisme, de protéger la population et surtout de ne pas obéir aux ordres injustes;
- A la Cour Suprême de Justice, de dire le droit en conscience et en toute indépendance dans le traitement des contentieux électoraux. Car, il en va de la crédibilité du Pouvoir judiciaire dans notre pays ;
- A la Communauté internationale, de privilégier l’intérêt du peuple congolais, de ne pas être complaisante, d’appuyer le peuple congolais dans sa recherche de la justice et de la paix et de le respecter dans son auto-détermination.


Conclusion


14. Notre pays traverse à l’heure actuelle un temps d’incertitude et d’angoisse. Notre foi en Dieu et notre confiance en l’homme, créé à l’image de Dieu, nous convainquent que cette incertitude et cette angoisse peuvent être dépassées moyennant un changement de coeur, de mentalité et de pratiques. Il faut l’amour du pays, la volonté de renoncer à des intérêts égoïstes pour rechercher, dans le
dialogue, les voies pour bâtir la paix en RD Congo. Mais la paix que nous voulons, est celle qui trouve sa source dans la justice et l’amour de la vérité. Car, la paix des hommes qui s’obtient sans la justice est illusoire et éphémère. La justice des hommes qui ne prend pas sa source dans la réconciliation par la vérité de l’amour demeure
inachevée. C’est l’amour et le courage de la vérité qui tracent le chemin de la justice et de la paix véritables, celle que nous voulons pour la RD Congo.
15. Que la prière de la Très Sainte Vierge Marie, Reine de la paix et Notre-Dame du Congo, dont le coeur est toujours orienté vers la volonté de Dieu, soutienne toute volonté de conversion, qu’elle consolide toute initiative de réconciliation, de dialogue et affermisse tout effort en faveur d’un Congo qui a faim et soif de justice et
de paix.
                   Fait à Kinshasa, le 11 janvier 2012


LE REGARD 
DE "MONDEACONSTRUIRE"


        1 -  Bien des reproches de la Conférence Episcopale de la RDC sur la pratique des dernières élections au Congo Kinshasa s'appliquent également à d'autres réalisées ces derniers temps ailleurs. Le vote présidentiel du 9 octobre 2011 au Cameroun n'échappe pas à ces critiques. 
          
        2 - Il faut saluer le courage d'un épiscopat national qui se sent envoyé pour "annoncer la vérité". C'était un des voeux de Benoît XVI durant sa visite au Bénin. A la suite de son prédécesseur, il répète "N'ayez pas peur!"


Nous remercions la

LA COMMISSION PROVINCIALE DE COMMUNICATION SOCIALE DES SALESIENS
SEMAINE DU 08 AU 14 JANVIER 2012
CENTRE LA COLOMBE - LUBUMBASHI - 
AV. MAMA YEMO 1656
qui nous a transmis le texte.

jeudi 12 janvier 2012

POLITIQUE

CAMEROUN

Energie électrique: 

Vérités sur la centrale à gaz de Kribi


M Jérémie Bikidik :
"A qui profitera le nouveau Kribi?" (Ph Journal Cam. com)

         Présentée par les autorités du pays comme une voie de sortie de crise de la consommation énergétique au Cameroun, la construction de la centrale de Kribi pourrait  servir davantage à ALUCAM

          Dans un article publié par 
          le Journal du Cameroun. com,
le 11 01 2012, M. Paul Jérémie Bikidik, Président du RACE,
donne, entre autre, les précisions suivantes. Nous invitons nos lecteurs à lire tout l'article, dont nous ne donnons ici que quelques extraits. 

      "La réalité que dissimule cette envolée médiatique tous azimuts du groupe AES c’est que, l’intégralité des 216 MW (extensibles à 330 MW) que produira la centrale à gaz de Kribi seront exclusivement destinés à couvrir les besoins énergétiques de l’extension de l’usine d’aluminium ALUCAM. En effet, ALUCAM, propriété à 46,7% du groupe anglo-australien RioTintoAlcan et située dans la ville d’Edéa à 100 Km de la future centrale, a décidé de porter sa production de 87.000 tonnes à 360.000 tonnes dans les 02 prochaines années, avec la construction de 02 nouvelles unités d’électrolyse...

        Il ne s’agira donc pas d’une "capacité additionnelle sur le réseau interconnecté Sud", puisque l’énergie produite ne sera pas injectée dans le "secteur public", qui représente 99% des consommateurs d’électricité, mais va plutôt permettre à l’opérateur AES/SONEL de respecter ses engagements vis-à-vis de son partenaire. ALUCAM absorbe plus de 30% de l’énergie produite au Cameroun et représente à elle seule 3% du PIB national...

       Parce que c’est à eux que revient la tâche de payer le lourd retour sur investissements dans le secteur de l’électricité, les consommateurs d’énergie ont légitimement le droit de connaitre les tenants et les aboutissants de chaque accord de financement obtenu avec ou sans l’aide des pouvoirs publics. En tout état de cause, au-delà de cette surenchère d’annonces, nous jugeront l’opérateur AES/SONEL à l’aune de l’amélioration de la qualité du service de l’électricité...

L’accès à l’énergie est un droit essentiel et inaliénable!"
                      &&&&&&&&&&&&&&
Le regard de "mondeaconstruire"
        Continuez d'être courageux, alors qu'on cherche par tous les moyens à faire taire les journalistes.


               Dèjà en 1931, Pie XI écrivait dans "Quadragesimo anno": 

"Il  importe donc d'attribuer à chacun ce qui lui revient et de

 ramener aux exigences du bien commun ou aux normes de la 

justice sociale la distribution des ressources de ce monde, dont le

 flagrant contraste entre une poignée de riches et une multitude

 d'indigents atteste de nos  jours, au yeux de l'homme de coeur, les

 graves dérèglements."

mercredi 11 janvier 2012

POLITIQUE

EN ISRAËL, 

LA FAMILLE SALÉSIENNE

DÉPLORE 

LES INJUSTICES DU "MUR" 


L'Agence salésienne d'information ANS 

déplore hier

certaines affirmations 

de médias et journaux d’Israël et d'Italie.




       "Certains articles publiés les derniers jours du mois de décembre en Israël et ensuite repris par le célèbre quotidien italien “La Repubblica”, ont poussé les supérieurs des salésiens et des Filles de Marie Auxiliatrice présents en Terre-Sainte à préciser leur rôle et la qualité de la relation réciproque en référence à l’érection du mur le long des Territoires de la Cisjordanie pour rendre plus sûr l’État hébraïque.
       Par un communiqué conjoint, le père Giovanni Laconi, directeur de l’œuvre salésienne et sœur Adriana Grasso, directrice de l’œuvre des sœurs salésiennes Filles de Marie Auxiliatrice de Cremisan, attestent le plein accord entre sœurs et religieux salésiens qui depuis 1891, sont au service de la population par des œuvres sociales et des activités de formation internationale.

Texte du communiqué:

         « En référence à des articles d’un quotidien national et de quelques journaux en ligne, les sœurs salésiennes et les religieux salésiens de Cremisan affirment avec clarté qu’il n’existe aucun contraste entre eux, ni aucune position différente pour ce qui concerne la construction du “mur”.
Les deux communautés religieuses sont autonomes dans l’organisation de leurs activités en faveur de la population locale, mais  ont toujours vécu et vivent toujours en rapports excellents et dans le respect réciproque.
Elles ont toujours exprimé leur désapprobation pour la construction du “mur” et ont également exprimé, dans les modalités les plus adéquates, leur pleine solidarité aux familles palestiniennes de Beit Jala, qui dans la construction du “mur”,  subissent des injustices et sont privées de terrains de leur propriété.
À Cremisan, les sœurs salésiennes gèrent une École maternelle et primaire et un Centre des jeunes pour la formation intégrale des enfants et des jeunes qui les fréquentent, tous accueillis sans aucune distinction et en prêtant une attention particulière aux plus nécessiteux.
         Les religieux salésiens sont présents à Cremisan depuis 1891. La première forme de présence était l’activité de formation pour les jeunes religieux des quatre coins du monde (provenant de plus de 20 nations), avec un Centre d’Étude en Théologie. Après le transfert de ce Centre à Jérusalem “Ratisbonne”, est en cours l’élaboration de la restructuration des bâtiments pour ouvrir un Centre international de Formation permanente au service des jeunes et des adultes de toute la Famille salésienne (présente en 132 nations) ainsi que des institutions locales intéressées.
         L’activité de production vitivinicole est depuis toujours à l’avant-garde pour la technique et la qualité, et a récemment été reconnue au niveau international. Elle donne un travail à une vingtaine de familles de la zone et contribue au soutien des activités d’éducation et de formation des salésiens en Terre-Sainte”.

                        Publié par ANS le 10/01/2012


Le regard de "mondeaconstruire"

        
         Il est pour le moins curieux qu'en Israël, on cherche à

 critiquer les Filles de Marie auxiliatrice ou les salésiens. Femmes

 et hommes, ils sont nombreux à pouvoir témoigner de l'attention 

que leur ont témoigné ces deux Congrégations dans toute l'Europe

 et au-delà pour les sauver de la barbarie nazie. Des livres ont été

 rédigés, mais il n'est pas sûr que les chiffres exacts de fillettes

et d 'enfants juifs, sauvés par ces soeurs et religieux qui 

risquaient leur propre vie, aient été recensés. Et c'était à

 l'appel de Pie XII lui-même qu'on les recueillait à Villemur sur

 Tarn, ou à Nice, et combien d'autres en Italie.  Nous en restons les

 témoins, au delà des années.

 Les Droits de  l'Homme sont de toujours ! Ce ne sont pas les Murs

 de Séparation qui peuvent les faire respecter !

                            Jean Baptiste Beraud, sdb


mardi 10 janvier 2012

REVUE DE PRESSE



AFRIQUE DU SUD


QUELLE STABILITÉ ?




            Le Congrès national africain (ANC), au pouvoir en Afrique du Sud, n'a pu faire taire ses divisions, alors qu'il fêtait son centième anniversaire lors d'un grand meeting dans le stade de Bloemfontein (centre). La presse locale titrait plus que jamais sur les dissensions au sein du parti longtemps dirigé par Nelson Mandela, même si l'ANC cherchait à donner l'image d'une formation unie autour de son président Jacob Zuma, le chef de l'Etat. Lui seul a pris la parole, notamment pour rappeler que l'Afrique du Sud devait rester une société multiraciale.Nous sommes unis parce que nous devons nous unir pour ce centenaire. Mais je crois que nous serons très divisés après cet événement, a prédit TefoLabaka, membre de la Ligue de jeunesse de l'ANC, une branche contestant ouvertement la direction de M. Zuma. Avant même l'intervention du président, les différentes factions se faisaient déjà entendre.Les apparitions sur les grands écrans de Julius Malema, le président de la Ligue de jeunesse, étaient accueillies soit de hourras, soit de sifflets.Et lorsque le secrétaire général du parti Gwede Mantashe a fait son entrée, il a été ovationné par une partie du stade, tandis qu'un autre camp criait Change, comme on demande à un entraîneur de remplacer un joueur sur un terrain de foot.

                Camarades, s'il vous plaît, soyez disciplinés, l'ANC est là pour vous!, a demandé le ministre des Sports FilikeMbalula, le monsieur loyal de la cérémonie.Le cirque s'est répété à l'arrivée du président Zuma, quand il a fait un tour d'honneur du Free State Stadium, héritage de la Coupe du monde de football de 2010. M. Mbalula a dû lancer des slogans plus fédérateurs: ANC! ANC!, Joyeux anniversaire, ANC! Amandla! Awethu! (Le pouvoir pour nous, principal slogan de la lutte contre l'apartheid).L'ANC a mobilisé les Sud-Africains quels que soient leur race, leur sexe ou leur classe. L'ANC, une force disciplinée de gauche, avec une attention particulière pour les besoins des plus pauvres, est aussi une grande église ouverte à tous, a déclaré Jacob Zuma dans son discours, notant que le parti accueillait aussi bien des marxistes que des capitalistes, des hommes et des femmes, des riches et des pauvres, etc. Nous allons prendre des mesures urgentes pour restaurer les valeurs de base, écraser le factionnalisme et instaurer la discipline, a-t-il prévenu.



     (Du Journal du Cameroun.com du 9 janvier 2012)

dimanche 8 janvier 2012

POLITIQUE

CAMEROUN-
RÉPONSE A UN 
DES CANDIDATS A LA PRÉSIDENCE
QUI N'A PAS ÉTÉ ÉLU


             Après ce que vient de vivre le Cameroun, il paraît clair que les multiples "présidents" qui se sont présentés aux dernières élections, doivent rechercher, au moins entre tous ceux d'entre eux qui perçoivent les limitations de la situation actuelle, à créer une "véritable opposition unie " face à un Parti installé qui ne montre guère de souci pour le Bien Commun. Tant que chaque citoyen voudra faire son propre Parti politique, les résultats des élections seront les mêmes. 
  L'Histoire continue de nous enseigner. L'Eglise catholique pour sa part, invite ses évêques, ses prêtres, ses laïcs au discernement. Benoît XVI n'a pas cherché ses mots au Palais Présidentiel de Cotonou pour s'adresser aux chefs d'Etat.
          "Ma foi : un Cameroun à remettre à neuf", vient de proclamer dans tout le pays Christian Cardinal Tumi.  
          En mai 1968, le cardinal Marty déclarait en plein coeur de Paris: "L'Eglise n'a pas peur des révolutions !" 
          Et sous la Dictature du Général Pinochet, le Cardinal Silva, sdb, archevêque de Santiago du Chili, recevant les délégués des syndicats ouvriers leur disait: "Si vous restez  les uns à côté des autres, vous êtes inoffensifs, comme des petits chats. Si vous vous mettez ensemble, vous êtes une force !" Quelques jours plus tard, leurs premières marches dans les rues donnaient le signal du changement. 
                                         JB Beraud, sdb