samedi 23 mai 2015

DANS L'ESPRIT


IL S’APPELAIT BIENVENIDO GARCIA

Mon âge et ma maladie m’ont soudain amené dans cette Maison Provinciale de Yaoundé où  il était Directeur.  Il était déjà venu plusieurs fois me voir à l’hôpital. Il s’efforçait toujours de m’apporter quelque chose qui me plaise dans la nourriture. Des fruits, des mandarines…Il venait tard, le soir, après le souper, avec José Maria Sabe.

A ma sortie de l’hôpital, il avait préparé avec toute la communauté  de la Maison Provinciale l’accueil le plus gentil possible. Je vois encore Jésus Senga utiliser sa force herculéenne pour me porter à bout de bras au- dessus de sa tête, sur un fauteuil à l’assaut de l’escalier jusqu’à l’étage où ils m’avaient préparée une chambre. Tous étaient autour de lui dans l’escalier, les uns en dessous, les autres plus haut. Comment s’étaient-ils préparés ? Ils étaient tous là à mon arrivée. Je voyais Yann, Paul, Henri et tous les autres.

Le Père Bienvenido m’accompagna chaque après-midi pour la prière du chapelet. Je devais réapprendre à marcher. Nous étions souvent obligés de nous arrêter. J’étais loin de penser qu’il partirait avant moi. C’était un homme d’une grande bonté. La première fois que je l’avais rencontré, c’était à Mikomeseng. Il inaugurait un moulin.

Je me suis trouvé aussi avec lui quand j’ai été envoyé au « Théologat ». Nous nous sommes souvent croisés dans le chemin de promenade de la colline. Je ne pensais pas à ce moment qu’il devrait me réapprendre à marcher dans les couloirs de la Maison Provinciale.  

J’ai rencontré un homme qui était d’une grande bonté. Seigneur, Tu l’as accueilli. Nous le prions pour qu’il nous aide encore à marcher dans les couloirs et dans la vie.

Jean Baptiste Beraud, sdb 

 

mardi 19 mai 2015

DANS L'ESPRIT

CAMEROUN


« Parler du vol des bébés dans un pays comme le Cameroiun, est une honte….
Aujourd’hui la vérité n’existe plus dans notre pays, nous sommes plutôt orientés par le mensonge et l’imposture. »
( Mgr Samuel Kleda, Archevêque de Douala, dans l’hebdomadaire catholique « L’Effort Camerounais » du 13 Mai 2015 )

lundi 11 mai 2015

POLITIQUE

KENYA

Alarme des Evêques : « le pétrole, tout comme le vol de bétail,

causes des violences dans le nord du pays »

Nairobi (Agence Fides) – « La vie d’une personne au Turkana vaut autant que celle d’une autre qui vit à Nairobi. Nous ressentons continuellement que le conflit dans le North Rift s’aggrave actuellement, en particulier à cause des minerais et du pétrole. Des vies humaines sont perdues dans ces guerres, erronément qualifiées de razzias de bétail » a affirmé S.Exc. Mgr Philip Arnold Subira Anyolo, Evêque de Homa Bay, durant la conférence de presse au cours de laquelle vingt Evêques du Kenya ont lancé l’alarme à propos des violences en cours dans le nord du pays.
Les Pasteurs de l’Eglise catholique ont exprimé leur préoccupation après que, le 4 mai dernier, plus de 70 personnes aient été tuées à Nadome, à la frontière entre les comtés de Turkana et de Baringo, par 400 hommes armés qui se sont enfuis avec plus de 1.000 bovins et plus de 5.000 chèvres.
Mais les razzias de bétail cachent, selon les Evêques, un conflit plus profond, relatif aux réserves de pétrole. S.Exc. Mgr Dominic Kimengich, Evêque de Lodwar, a affirmé que le pétrole se trouve sur le territoire du comté de Turkana mais qu’une dispute de frontière s’est créée entre les Turkana et la population du West Pokot, qui prétend déplacer les délimitations existant entre les deux comtés de manière à ce que les réserves de pétrole retombent sur leur propre territoire.
Le comté de Turkana est une zone profondément marginalisée dans laquelle, rappellent les Evêques, 60% de la population sont nomades et où seuls 30% des enfants vont à l’école.
La lutte pour les ressources s’achèvera seulement lorsque le gouvernement lancera des programmes de développement dans les zones intéressées, soulignent les Evêques. « Différents responsables de la région parlent beaucoup. Ils font des promesses mais ne présentent pas les modalités qui permettraient de faire cesser les violences » a noté S.Exc. Mgr Cornelius Kipng’eno Arap Korir, Evêque d’Eldoret.
Enfin, il est demandé de procéder au désarmement de la population et d’affronter le problème des responsables locaux et autres qui continuent à armer et à inciter les populations à lutter les unes contre les autres.

(L.M.) (Agence Fides 09/05/2015)

vendredi 1 mai 2015

EGLISE


PREMIER MAI

Avant de devenir la Fête du Travail, le 1er mai a marqué pendant longtemps, à la fin du XIX e s et au début du XXe une journée de revendications et souvent de luttes en vue de la promotion ouvrière.

La France et les Etats Unis assistent à cette époque, à des grèves avec des manifestations violentes. L’armée et la police tirent sur les travailleurs en grève, à Anzin (1884), Decazeville (fin 1886), Fourmies (1er mai 1891). Aux Etats Unis, en 1886, deux ans avant la mort de Don Bosco, c’est le massacre des travailleurs  qui manifestent à Chicago.

Il nous faut retenir de telles dates. Les incidents de Fourmies, petite ville ouvrière dans le nord de la France sont du 1er mai 1891. La réponse de l’Eglise ne se fera pas attendre. Le 15 mai 1891, à peine deux semaines plus tard, Léon XIII signera son Encyclique, la fameuse « Rerum Novarum » sur la condition des ouvriers. Dès les premières pages, le ton sera très ferme : « … Les travailleurs isolés et sans défense se sont vus, avec le temps, livrés à la merci de maîtres inhumains et à la cupidité d’une concurrence effrénée… A tout cela, il faut ajouter la concentration, entre les mains de quelques-uns,  de l’industrie et du commerce, devenus le partage d’un petit nombre de riches et d’opulents, qui imposent ainsi un joug presque servile à l’infinie multitude des prolétaires… »  

LEON XIII et PIE XI eurent l’un et l’autre des Encycliques retentissantes sur les conditions de vie des travailleurs.

Pie XII a fait de la Fête du Travail la Fête de St Joseph Travailleur. C’était en 1955. J’avais 6 ans de sacerdoce. Nous avons vu alors les jeunes de la JOC et les adultes de l’Action Catholique Ouvrière organiser  les messes du 1er mai. La parole de Pie XI dans « Quadragesimo anno » : « Les premiers apôtres des ouvriers seront des ouvriers » se réalisaient sous nos yeux.

                                                                       Jean Baptiste Beraud, 1er mai 2015

dimanche 19 avril 2015

POLITIQUE


KENYA

Pour l’Evêque de Garissa,

« il est possible de fermer Dadaab

à condition d’assister les somaliens dans leur pays

et d’aider le nord du Kenya »

  
Nairobi (Agence Fides) – « Maintenant qu’il existe un gouvernement en Somalie, il est bon que le camp soit fermé et que la population ait la possibilité de rentrer chez elle » a affirmé S.Exc. Mgr Paul Darmanin, Evêque de Garissa, commentant l’annonce faite par le gouvernement kenyan de la prochaine fermeture des camps de réfugiés somaliens de Dadaab.
« Le Diocèse de Garissa, sur le territoire duquel se trouve Dadaab, est encore secoué après le massacre perpétré par les shabaabs somaliens le 2 avril dans le cadre duquel 148 personnes du campus universitaire local choisies sur la base de leur appartenance religieuse ont trouvé la mort.
Parmi les mesures prises par le gouvernement de Nairobi après le massacre se trouve la fermeture dans les trois mois à venir des cinq camps de Dadaab, institués en 1991 pour accueillir 90.000 personnes et devenus maintenant le camp d’accueil le plus grand du monde, avec une population de quelques 400.000 somaliens ayant fui la guerre civile qui bouleverse leur pays.
Selon le gouvernement kenyan, la structure contribue à l’insécurité du Kenya parce qu’à l’intérieur se cacheraient des partisans des shabaabs. « La nature de notre société est de protéger la famille et les amis. La population des camps ne peut dénoncer les criminels dangereux qui vivent parmi eux parce qu’ils font partie de la famille. Si la fermeture des camps ne pourra faire cesser les attaques terroristes, elle permettra une réduction des canaux de recrutement et de planification des attaques » commente l’Evêque à l’agence kenyane Waumini.
Pour Mgr Darmanin, la situation sécuritaire en Somalie, même si « elle n’est pas très bonne », permettrait un retour des réfugiés parce que les récents attentats des shabaabs sur le territoire somalien ont visé « des fonctionnaires gouvernementaux et des institutions et non des civils ». Ce qui fait dire à l’Evêque de Garissa qu’il est « préférable que les réfugiés retournent chez eux et reçoivent de l’assistance sur place ».
Mgr Darmanin conclut en lançant un appel au gouvernement kenyan afin qu’il apporte du développement dans la région de Garissa, habitée par des somaliens dans des conditions de pauvreté telles que nombre d’entre eux se sont faits passer pour réfugiés afin d’obtenir de l’assistance de la part des organisations qui assistent les camps de Dadaab. « De nombreux somaliens kenyans se sont enregistrés dans le camp de réfugiés et s’y rendent régulièrement pour obtenir des rations de nourriture et autre et ceci est dangereux » a conclu l’Evêque.


(L.M.) (Agence Fides 16/04/2015)

samedi 18 avril 2015

POLITIQUE

EGYPTE


Vers la participation du Patriarche copte orthodoxe


aux commémorations du centenaire


du Génocide arménien à Erevan

  
Le Caire (Agence Fides) – Le Patriarche copte orthodoxe Tawadros II se rendra à Erevan à compter du 20 avril pour prendre part aux événements les plus significatifs programmés pour commémorer le centenaire du Génocide arménien. La visite en Arménie de Tawadros II durera environ une semaine. Des sources du Patriarcat copte orthodoxe consultées par l’Agence Fides indiquent qu’il s’agira de la première participation d’un Patriarche copte orthodoxe à des commémorations officielles du Génocide arménien.
L’Eglise arménienne apostolique et l’Eglise copte orthodoxe appartiennent au groupe des antiques Eglises d’Orient qualifiées de pré-chalcédoniennes parce qu’elles avaient refusé un certain nombre de formulations christologiques définies par le Concile de Chalcédoine de 451.
Du point de vue ecclésial, la commémoration du centenaire du « Grand mal » culminera dans la liturgie de canonisation des victimes du Génocide arménien, prévue le 23 avril à Erevan près le Siège patriarcal du Catholicossat d’Echmiadzin, gouverné par le Patriarche Karénique II. Une quarantaine d’Eglises, communautés ecclésiales et organismes œcuméniques ont déjà annoncé leur participation au rite de canonisation. Ce même jour, à partir de 19.15 – heure choisie en ce que rappelant symboliquement l’année 1915 – toutes les églises arméniennes du monde, à l’exception de celles se trouvant en territoire turc, feront résonner cent coups de cloches pour rappeler également de cette manière les cent ans du Génocide.


(GV) (Agence Fides 16/04/2015

samedi 11 avril 2015

POLITIQUE

RD CONGO

Doutes de la société civile

à propos de l’offensive militaire

menée contre les FDLR
  
Kinshasa (Agence Fides) - L’offensive menée par l’Armée de la République démocratique du Congo (RDC) contre les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) dans le Nord et le Sud Kivu (voir Fides 25/02/2015) a amené, selon des sources officielles, à la neutralisation de 185 membres des FDLR. De ceux-ci, 118 auraient été capturés et faits prisonniers, indique une note du Réseau Paix pour le Congo. Toutefois, des sources civiles ont présenté « un bilan tout différent » affirme la note envoyée à l’Agence Fides. « Selon un certain nombre d’observateurs, par exemple, au Sud Kivu, les FDLR sont en majorité concentrées sur le territoire de Mwenga, mais l’armée a débuté les opérations en les attaquant plus à l’est, sur les hauts plateaux d’Uvira, où elles sont moins présentes ».
A propos des membres des FDLR que les militaires congolais affirment avoir capturé, différents observateurs doutent qu’ils aient tous été faits prisonniers durant l’offensive. En effet, plusieurs de ceux-ci se seraient rendus précédemment, dès avant le début des opérations et parmi eux se trouveraient également de simples civils rwandais.
Les avancées de l’armée congolaise seraient davantage symboliques qu’autre chose car, selon différentes sources, dans la majeure partie des cas, les FDLR ont quitté leurs villages et se sont retirées dans la forêt avant même l’arrivée de l’armée. Les miliciens des FDLR auraient opté pour la stratégie du repli temporaire, évitant ainsi l’affrontement direct avec l’armée. En outre, les FDLR profiteraient du vide que l’armée a laissé derrière elle après la reprise des villages par manque d’effectifs, et reviendraient quelques jours plus tard dans les villages dont elles s’étaient éloignées.
Les FDLR sont constituées principalement par de petits groupes mobiles, habitués à se confondre parmi la population et experts dans la connaissance de la forêt. Selon différentes sources, si l’offensive devait se prolonger longuement, l’armée congolaise pourrait se trouver en graves difficultés logistiques et tactiques, risquant de s’enliser dans une situation d’impasse permanente.
Pour l’éviter, il sera nécessaire de recourir, au plan national, à d’autres mesures complémentaires, telles que la consolidation de l’autorité de l’Etat sur le territoire, par le biais du renforcement des services de renseignement et du corps de police, la lutte contre le commerce illégal des ressources naturelles (minérales, bois et charbon) qui permet au groupe de se financer et l’adoption de mesures concrètes contre le trafic d’armes ainsi que contre les complicités de représentants de l’armée congolaise avec les FDLR. Au plan international, il sera nécessaire de créer au Rwanda les conditions pouvant faciliter le rapatriement des membres des FDLR, telles que l’ouverture de l’espace politique aux partis d’opposition, la liberté d’expression, le respect des droits fondamentaux, l’indépendance et l’objectivité de la justice.


(L.M.) (Agence Fides 11/04/2015)