jeudi 10 mars 2011

Quatre heures à pied pour la rencontre des catéchistes

KIIKI et ses catéchistes

       Ce jeudi 10 mars 2011, à 10h 00, ils sont 14, femmes et hommes, à se rencontrer dans l'église paroissiale de Kiiki. Certains sont en marche depuis 6h 00 du matin. Ils ne veulent pas manquer cette rencontre mensuelle. "C'est important pour notre formation!". Nous commentons quelques nouvelles de l'actualité de l'Eglise. L'assassinat du ministre Bhatti, du Pakistan, est impressionnant. Questions sur le témoignage que "nous pouvons donner...". Chacun parle. Ces femmes et ces hommes n'ont pas la tâche facile tous les jours pour affirmer leur foi chrétienne. L'un d'eux demande la parole: " Lorsque nous venons ici, nous apprenons mieux à nous servir de ces trois mots: "Voir, juger, agir". Il faut réagir constamment et nous questionner tous les jours pour donner le témoignage de notre foi". Une femme dit: "Nous avons participé au défilé des femmes le jour de la Fête. Nous avons causé avec plusieurs. C'était bien..."
       Les questions s'arrêtent. La soeur chargée du secteur reçoit maintenant un à un chaque catéchiste. L'avenir de l'immense paroisse est entre leurs mains. Chacun a apporté son cahier, et les notes de ses catéchumènes enfants, jeunes ou adultes. Dans la minuscule localité de Kiiki, l'Eglise de Jésus se construit aussi. Des femmes et des hommes reprennent les chemins des premiers chrétiens. "Ils allaient de village en village et ils annonçaient la Bonne Nouvelle à tous !"

MESSE DES CENDRES EN PLEINE CAMPAGNE

Mercredi des cendres 9 mars 2011

       Nous sommes dans la petite église de Kiiki. Cette église paroissiale confiée à Ste Rita ressemble plus à une humble chapelle qu'à un centre de paroisse. Avec Soeur Joanna, chargée de ce secteur, nous y arrivons vers 15h 00. La chaleur est lourde. Quelques enfants sont là, sagement assis à la droite de l'autel, sur les quatre bancs qui leur sont réservés. D'autres personnes arrivent. Deux messieurs revêtent une soutane blanche. "Ce sont les lecteurs", me dit la soeur. Deux adolescentes s'habillent pour leur mission d'enfants de choeur. "Pouvons-nous commencer ?" On me répond: "C'est mieux d'attendre cinq minutes!" De fait, entrent queqlues personnes de plus. Elles ont marché combien de kilomètres ? Toutes les maisons sont isolées sur une large superficie et pas la moindre ombre tout au long des différents parcours.
       Les femmes entonnent un chant dans leur langue. Supplication plutôt lancinante, répétée à plusieurs reprises. Mais toute l'assemblée qui grossit encore, participe.
       L'homélie est écoutée attentivement. Puis on reçoit les cendres. Un des deux lecteurs me les impose. Il prononce distinctement les mots: "Convertissez-vous et croyez à l'évangile!"
       A la fin de la messe, il me dira: "Père, il y a encore des gens qui vont arriver. Si vous voulez, je peux leur imposer les cendres!" "Bien sûr, prends ta place dans l'Eglise et dans la société!"
       Nous repartons avec la soeur en voiture, et nous prenons plusieurs personnes avec nous. Nous rencontrons tous nosparoissiens qui marchent de nouveau à pied sous le soleil. Soudain, nous nous arrêtons. Deux hommes, la cinquantaine, arrivent en moto. Ce sont deux des responsebles de Ste Rita. "Nous n'avons pas pu quitter le travail avant!" La soeur me dit: "Père, donne-leur les cendres!" Liturgie écologique en pleine terre camerounaise sous le lourd soleil d'Afrique. Le front collé à la portière de la voiture, les deux visages burinés de travail et de fatigue reçoivent ce signe de la cendre. La piété populaire prend soudain des formes  inattendues de foi profonde et de grande ferveur. "Heureux celui qui aime son Seigneur!"

mardi 8 mars 2011

Mission de début de carême

Un évêché rural près de Yaoundé

       Nous sommes à Bafia. De nombreux villages voient le prêtre seulement de temps en temps. Une mission pour commencer le carême.

       Ce dimanche 6 mars, Soeur Joanna, fma,  m'accompagne à l'église paroissiale. Une vingtaine de km au sortir de Bafia. Nous arrivons. En plein champ, une chapelle isolée à 100m de la route. Des femmes nettoient le petit bâtiment: " Nous avons déjà balayé hier soir, mais la pluie et le vent ont de nouveau tout sali." Un groupe de jeunes arrive. Ils sont une bonne vingtaine. "Nous avons préparé la messe." Ils assureront avec soin lectures, chants et service du choeur. Peu à peu l'église se remplit. Un grand groupe d'enfants, beaucoup de jeunes, des familles. Tandis que je fais l'homélie, un homme prend des notes. Il traduira dans leur langue ce que j'ai dit. Ils font la quête. Une petite somme, plus une  autre. Il faut achever l'église, encore trop rudimentaire. Avant la fin de la messe, une petite équipe aura compté ce qu'ont donné les enfants, les femmes, les hommes et les chiffres seront donnés dans les "annonces finales". Apport minuscule pour une telle entreprise, mais il est régulier et continuel. Nous avons préparé un peu notre assemblée au carême qui, va commencer. A mercredi, nous célébrerons les cendres à 15h 00. Les gens dialoguent un instant sous les arbres, puis chaque famille reprend la route à pied. "Montons à Jérusalem".

samedi 5 mars 2011

Mission à Bafia

Sous une pluie battante, Eric et Florent ont réussi à me faire sortir de Yaoundé hier soir. A la sortie de la ville, le soleil est revenu. Florent et Eric sont repartis ce matin. Cet après-midi, Sr Joanna m'a demandé de m'adresser aux jeunes catéchumènes, 25 garçons et filles de 14 à 24 ans. Un d'entre eux avait entendu parler de Don Bosco et savait qu'il y a des soeurs salésiennes à Bafia. En groupes, ils ont noté des témoignages de leur vie en société pour "changer le monde". Les cinq témoignages ont été l'expression de liturgies suivies de fêtes ou repas partagés. Sur le témoignage que je leur ai donné d'une jeune de 18 ans qui a participé comme observatrice dans un bureau de vote, et qui a vu une "dame de la paroisse" mettre plusieurs bulletins dans l'urne pour la même personne, ils ont été plusieurs à crier "corruption". Ils ont prié ensuite avec attention pour cette jeune fille chassée immédiatement par tous les autres observateurs. Ils ont trouvé que seule, elle avait eu le courage de protester. Ils ont été encore plus étonnés quand elle a dit: "Je ne pensais pas que c'était cela aussi être chrétienne aujourd'hui"

jeudi 3 mars 2011

UN PRIX POUR LE "COURAGE FEMININ"

Henriette Ekwe reçoit des américains le Prix du « Courage féminin »
 Henriette est journaliste camerounaise et directrice de la publication « Bebela ».  Elle vient d’être sélectionnée pour recevoir ce prix, lancé en 2007 par Mme Condoleza Rice,  alors Secrétaire d’Etat américain. M. Jackson,  ambassadeur américain à Yaoundé n’a pas caché sa joie d’annoncer la nouvelle à « Henriette qui continue d’être un éclaireur de conscience  pour la liberté d’expression et la transparence au Cameroun… Tous les pays, y compris le mien, ont besoin de femmes de courage comme Henriette pour s’assurer que les gouvernements sont responsables et que les sociétés poursuivent leur quête de liberté, de justice, de paix et d’égalité ».
Henriette n’a pas hésité les 27 et 28 janvier 2011 à apporter son précieux témoignage de longues et difficiles luttes, devant un large parterre de politiques, économistes, leaders d’opinion et délégué du gouvernement, réunis chez les Dominicains de Yaoundé pour le Colloque sur « Médias, démocratie et Eglise ».  Mgr Tonye Bakot,  Archevêque de Yaoundé, qui a voulu lui-même cette « aumônerie des décideurs », et Mgr Joseph Befe Ateba, évêque de Kribi, avaient tenu à être présents. Les quelques minutes de conversation que nous avons eues avec Mme Henriette, nous ont révélé beaucoup sur l’Histoire du combat du peuple camerounais pour sa dignité. Au long d’événements douloureux, des chrétiennes et des chrétiens, souvent dits de « gauche », et pas toujours reconnus  par leurs propres communautés dans la valeur de leur engagement, ont réalisé dans ces régions, comme ailleurs, des témoignages historiques dont il faut conserver les enseignements. Précisément parce qu’ils touchent la justice face à la corruption, ces actes sont aussi, a-t-on pu dire, les « actes des apôtres » d’aujourd’hui.
Il était bon que le choix de M. Jackson se soit porté sur Mme Henriette  Ekwe. Seule africaine, elle sera ce 8 mars prochain, en compagnie des neuf autres lauréates du Prix. Elles viendront de Chine, Biélorussie, Hongrie, Jordanie, Afghanistan, Pakistan, Kirgistan, Mexique et Cuba. La Fête sera belle en cette Journée Internationale de la Femme à Washington DC, avec l’organisatrice de la rencontre, Mme Hillary Clinton et la Première Dame des Etats-Unis, Michelle Obama.  
                                                            JB Beraud

mardi 1 mars 2011

Dans 130 pays, la Société salésienne

De Rome, le Père Julian Fox, du Bureau mondial de la Communication des Salésiens de Don Bosco

Le Vendredi 24 février 2011,  le Père Julian Fox nous a signalé  de Rome, de la Maison Généralice des salésiens (La Pisana), en réponse à l’envoi de notre blog « Monde à construire » :
« This blog is already visible on sdb.org »
“ Ce blog est déjà visible sur sdb.org”
« Congratulations to the young man concerned »
“ Félicitations au jeune home qui le détient”
Le Père Julian Fox, sdb, ancien Provincial d’Australie, et actuellement membre du Bureau mondial salésien de la Communication, nous conseille depuis des années dans ce travail de l’annonce de la Bonne Nouvelle à travers les médias. Nous le remercions vivement de ses encouragements et de son amitié.

UN HEBDO: LE PELERIN

OFFERT A NOTRE CENTRE THEOLOGIQUE DE NKOL AFEME A YAOUNDE (Cameroun)

La grande Maison d’Editions Bayard Presse vient d’offrir à notre Centre Théologique de Nkol Afeme à Yaoundé, un abonnement à sa revue hebdomadaire « Le Pèlerin ». Nous la remercions bien vivement. A travers ce geste, nous aimons évoquer le passage de Don Bosco en 1883 à Paris, au moment où il rendait visite aux RR PP Assomptionnistes.  Le Pèlerin, déjà fondé à l’époque ouvrait largement ses pages au prêtre de Turin, pour faire connaître à tous ses bienfaiteurs en France le travail qu’il était déjà en train de réaliser en Europe et en Amérique latine. Merci, chers amis du Pèlerin, de continuer à Don Bosco, en plein cœur de l’Afrique,  votre profonde amitié.
Au nom des 24 jeunes étudiants théologiens, en provenance de 8 pays africains, et de leurs cinq formateurs,
                                               Jean Baptiste Beraud, sdb